Et c’est reparti pour un RIF !

Après notamment le Raid In France 2012 et le Raid Aran 2014, 4 bimbims vont repartir pour une nouvelle aventure : le Raid In France 2017.

Cette année, la logistique est plus facile car la course sera en Ardèche. Le départ sera donné au Lac de Devesset lundi 5 juin 2017, à deux pas de chez Etienne :). Nous n’avons que très peu d’information pour l’instant… mais on a hâte !

Cette année, l’équipe est composé de Maëlle, Etienne, Fabien et Joseph, un tout beau tout neuf nouveau Bimbim qui vient compléter l’équipe historique, Rémy s’étant expatrié au Japon pour quelques temps.

Voici rapidement le calendrier de préparation :

  • Décembre : weekend trail dans le Jura (bah oui, y’avait pas de neige cette année…)
  • Janvier : weekend ski + orientation vers Annecy
  • 11 mars : weekend ski de rando à Arêches
  • 18 mars : raid des collines
  • 25 mars : raid des dentelles
  • 1er avril : weekend entrainement en Drôme
  • 22 avril : MIUT pour Fabien
  • 30 avril : raid trip n doubs
  • 7 mai : Raid des terres noires
  • 14 mai : TransV
  • 3 juin : RAID IN FRANCE

 

Partons en Valais avec skipass :)

Cher ski-Père Noel,

Si tu lis ces lignes c’est que notre data matrix a fonctionné et que tu vas pouvoir te gaver de bon chocolat, ou juste que le mail que nous t’avons envoyé est arrivé avant notre tentative de corruption.

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Nous avons été très sages cette année. Nous ne sommes jamais partis sans notre pack APS ni notre topette, ne nous sommes fait prendre dans aucune avalanche et avons même arrêté de skier entre juillet et octobre pour nous sociabiliser un peu. Mieux, nous avons partagé notre passion avec nos proches et avec la communauté des skieurs français au travers du web et de la presse écrite.

Nous avons été informés de la halte de ton traîneau et de ton beau troupeau de reines dans le Valais du 7 au 14 janvier. On nous a toujours dit que cet endroit en valait la peine (pardon pour cette blague malheureusement obligatoire) et nous sommes donc chauds comme des petites bouillottes pour nous joindre à ton équipe pour une semaine remplie de poudreuse, de découverte, de chocolat Milka, de Valaisanne et de bonne humeur.

Nous? Deux potes d’école qui ont dépassé la trentaine il y a peu et qui partageons depuis 10 ans l’amour de la glisse (sur les skis, hein, pas de malentendu), de l’aventure et de la rigoulade.

Si tu as un peu de temps avant d’emballer tes prochains cadeaux tu pourras jeter un œil sur les vidéos de nos trips en Autriche ou en Albanie, et si tu n’as vraiment que ça à faire après avoir délégué toutes tes tâches ingrates à tes petits lutins tu pourras à loisir flâner sur cette page  où tu pourras voir toutes les petites sauteries que nous organisons avec nos copains pour garder la forme et la bonne humeur.

Trêve de blabla ski-Père Noel, tu as certainement d’autres élans à fouetter. Nous te souhaitons du courage et de l’appétit pour affronter toute cette neige qui s’annonce et te disons à très vite!

Puj alias Stéphane Pugin / spugin@gmail.com / 0630359785

et

Fab alias Fabien Challeat / fabien.challeat@gmail.com / 0666766870

 

Vallées du Toubkal avalées à vélo

C’est bien connu, le mois de novembre ne sert à rien en France. Nous voici donc partis avec ChloChlo de l’autre côté de la Méditerranée pour un p’tit voyage à bicyclette (COP21 compatible) dans la campagne marocaine, avec l’objectif avoué de grimper tout au sommet du Maghreb (le Toubkal – 4267m), histoire de pas revenir bredouille.

Sans titre

Tous naïfs que nous sommes, nous partons donc avec en poche une carte pécho au Vieux Campeur, une boussole, quelques vues satellites imprimées en couleur et un smartphone. Aucun des quatre outils cités ci-dessus n’ayant émis d’avis contraire, nous avons en tête de réaliser un tour du Toubkal en une grosse semaine.

Jour 0 : Arrivée à Marrakech, sieste, thé à la menthe, souk, sieste, tajine, sieste, et place Jemaa El Fna. Programme de touriste validé. Vivement demain pour attaquer les choses sérieuses

Jour 1 – Recentrage des objectifs et départ

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En voiture Simone !

RDV le matin chez le loueur de vélo, qui nous propose de magnifiques VTT semi-rigides flambant neufs, de type 28 pouces, de couleur rouge, et de marque Cannondale. S’ensuit une petite discussion sur notre « programme » à la suite de laquelle le loueur nous fait gentiment comprendre qu’à moins d’être 2 champions nationaux de force basque (nous permettant d’avancer en tenant nos vélos à bout de bras au-dessus de nos têtes), nous aurions le plus grand mal à passer certains sentiers destinés aux mules. Il termine en nous donnant 2-3 tuyaux sur des chemins sympas, et nous voici partis à la mode locale : on sait pas trop où on va, mais on reviendra inch’allah !

Première étape de plaine en guise d’échauffement cap sud-ouest, dont le principal attrait sera le lac de Takerkoust, puis arrivée à Amizmiz à la tombée du jour.

Un petit bteau qu'on dirait qu'il a été mis là pour la photo

Un petit bateau qu’on dirait qu’il a été mis là exprès pour la photo

Jour 2 – Le jour des premières

On attaque de bon matin par une côte de 1ère catégorie vers Imi N’tala, et redescendons par un petit sentier qui slalome à travers les villages sur le versant opposé. La terre est rouge, l’air est sec, le sol peu adéquat au passage de voitures, et nos vélos attirent la curiosité des enfants, plus habitués au passage des mobylettes locales et des quads touristiques.

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Chloé, une fille qui sait choisir ses endroits pour crever…

De retour à Amizmiz, on prend direction le Nord-Est à travers une plaine aride. La terre y est ici jaune, la flore et la faune rares. Après une petite sieste à l’ombre d’un arbre, on arrive à Aguergour. Belle surprise en tombant sur un déco de parapente jouxtant notre humble demeure pour la nuit. Moins belle surprise en apprenant que 1h avant notre arrivée, 2 parapentistes se sont percutés en l’air et sauvés en ouvrant leur parachute de secours…

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Un « ptit » couscous, aussi quantitatif que qualitatif

Jour 3 : On veut de l’aventure, bordel !

Nous voilà repartis à destination de Imlil, le Chamonix local, non sans profiter une dernière fois de la vue imprenable depuis l’auberge

Ladite vue imprenable, prise quand même

Ladite vue imprenable, prise quand même

Etant donné que le meilleur moyen de savoir si un chemin mène quelque part (et a fortiori là où on veut aller) c’est de le prendre, on s’aventure dans tout ce qu’on trouve de chemins, sentiers, pistes carrossables ou non, et autres traces plus ou moins évidentes. Résultat des courses : beaucoup de bons choix, quelques demi-tours, et des paysages aussi surprenants que splendides…

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Piste de type très carrossable

Arriver à midi à Asni un jour de marché (et en repartir à 14h) n’est conseillé que si vous souhaitez faire une étude statistiques sur les véhicules utilisés dans le coin. C’est donc avec soulagement qu’on arrive à Imlil en milieu d’après midi. Au programme : location du matériel pour l’ascension (à pied !) du Toubkal : chaussures, batons et crampons.

Jour 4 : Et bah on est contents d’être là !

Une bonne photo vaut mieux que tous les discours...

Une bonne photo vaut mieux que tous les discours…

On arrive vers 13h au refuge intermédiaire après une montée humide et bouchée. On est contents d’y trouver un bon poêle à bois et une grosse plâtrée de pâtes, histoire de repartir le lendemain avec un mental au beau fixe

Jour 5 : Et bam, objectif atteint !

Un réveil surprenant

Un réveil surprenant

La tempête de la veille ayant amené quelques camions de neige, nous partons par beau temps, sur un terrain aussi glissant qu’une discussion politique en famille. Quelques dizaines de mètres plus haut, nous chaussons les crampons et poursuivons notre ascension tranquillement vers le Toubkal, que nous attendrons 3h après notre départ.

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le Toubkal : 4267m tout tranquillou…

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… mais tout ventu

 

 

 

 

 

 

A ce moment-là, on est quand même à 4267m d’altitude, avec des rafales de vent glacial à 80 km/h. Et pour rappel, on est au Maroc, en voyage à vélo, donc minimalistes dans nos choix de vêtements. Autant dire qu’on n’a vraiment pas chaud. Impossible de sortir les mains des gants, et pas du tout envie d’attendre les 3 mn qui nous séparent du prochain groupe arrivant au somment… Résultat, pas de belle photo à 2 au sommet !

Maxi-descente plaisir au pas de course jusqu’au refuge, puis on enchaîne jusqu’à Imlil, histoire de retrouver au plus vite nos vélos pour la suite du voyage !

Jour 6 : c’est long et dur… et on aime ça !

On quitte la région d’Imlil direction le nord-est pour poursuivre cette traversée.

La 1ère part de la journée de passe de manière idyllique. Les terres sont noires, parsemées de villages montagnards vivant en quasi-autarcie. On comprend pas tout, par exemple pourquoi des gamins de 4 ans sont seuls sur le bord de la route à 10h du mat’, à 3 km du premier village à la ronde. On commence aussi à comprendre des choses, par exemple pourquoi les gens passent leurs journées à attendre sur le bord de la route (ils attendent le premier véhicule motorisé, qui les amènera jusqu’au prochain village : un peu le blablacar local, quoi…). Bref, on en prend plein les mirettes…

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Tous les voyants sont au vert !

La 2ème partie de journée est tout aussi belle, mais la fatigue des premiers jours se fait ressentir. Si on ajoute à cela, avouons-le, une petite erreur d’aiguillage, la montée vers Sidi Faress nous paraît interminable…

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Dur Dur…

Une arrivée de nuit à Ourika à la frontale, un hôtel aux conditions hygiéniques douteuses, et la promesse d’une journée du lendemain encore plus longue et plus dure : voilà 3 bonnes raisons de se coucher tôt et de repartir aussi vite que possible

Jour 7 : c’est encore plus long et encore plus dur… et on commence à penser que c’est un peu trop !

On part de bonne heure pour une étape remplie de mystère (trajet hasardeux sur la carte). On se retrouve donc à traverser des paysages aussi surprenants que changeants : les terres sont successivement rouges, puis jaunes et noires, la végétation changeante au gré des altitudes et des expositions… le tout sur un relief sinueux et des sentiers étroits : dépaysement total garanti, pour ce qui restera une de nos étapes préférées.

A ce moment-là, on se dit qu'on est pas mal en vacances

A ce moment-là, on se dit qu’on est pas mal en vacances

Une nouvelle fois, nous arrivons à la tombée de la nuit. mais cette fois, aucune auberge à la ronde pour nous accueillir… Nous dormons donc chez Taoufik, qui nous accueille gentiment chez lui… enfin, chez ses parents ! Une petite maison traditionnelle berbère, un bon couscous et quelques discussions plus tard, on s’endort épuisés dans le salon de notre hôte.

Allez, bonne nuit !

Allez, bonne nuit !

Jour 8 : On dirait le Sud !

Comme on en a plein les guibolles, on met les vélos sur le toit d’une voiture pour passer le col Tizi N’Tichka, et nous voici à 07h00 sur le versant sud du col, côté Ouarzazate.

L'éphémère mais utile instant "flemme" du voyage

L’éphémère mais utile instant « flemme » du voyage

La différence est notable au bout de quelques kilomètres : le paysage est plus aride, la faune plus rare, le relief moins montagneux et la vie s’organise autour des fleuves et des oasis.

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Un genre de désert

Tout cela nous amène gentiment mais sûrement, grâce à un profil descendant (ce qui est loin d’être négligeable à ce moment-là du voyage) vers Aït-Benhaddou, haut lieu de tourisme local. N’ayant pas ouvert un guide de voyage depuis le début de l’aventure, la surprise est d’autant plus grande de découvrir un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ayant, qui plus est, servi au tournage d' »Astérix, mission Cléopâtre » !

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Aït Benhaddou : la belle surprise de la journée

Jour 9 : Snif, c’est la fin !

En ce dernier jour, on profite des derniers kilomètres qui nous séparent de Ouarzazate. L’arrivée est surprenante : nous traversons une immense ville déserte, dont les innombrables lampadaires guident de grandes avenues à perte de vue. Le contraste est saisissant avec Marrakech, ville bouillonnante aux mille activités. Ici, les riads semblent attendre désespérément les touristes… La basse saison, combinée à la grande prière du vendredi, semblent accentuer encore ce sentiment de vide, aux portes du désert.

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Grosse affluence sur la place principale

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Ouarzazate, une ville de tourisme et de cinéma… enfin, surtout de cinéma !

On met les vélos dans un bus, direction Essaouira et Sidi Kaouki, où l’on rejoindra Cherpa pour une semaine de farniente et de surf sur la côte.

L’Ardèche verte : l’option VTT-train depuis Lyon

L’automne est là, les arbres jaunissent ou orangissent à foison et il est grand temps de préparer nos petites jambes pour la saison de ski (quoique celle-ci a en fait déjà commencé!). Et puis comme la COP 21 arrive à grands pas, il s’agit de laisser la voiture au garage pour se donner bonne conscience.

On mélange les idées, on secoue le principe et on ouvre le shaker pour sortir le principe qui ravira bientôt à coup sûr (presque) tous les lyonnais : un WE vélo-train dans l’Ardèche verte!

Chauds les marrons, chauds.

Chauds les marrons, chauds!

Pour la partie train : départ en gare de Part-Dieu, Jean Macé ou Perrache et arrivée en gare de Saint-Vallier ou Tain après environ 1h de TER et 13€/personne l’aller-retour avec une carte de réduction qui va bien.

Pour la partie VTT : se diriger plein Ouest en direction de Lalouvesc, plusieurs options possibles suivant son état physique et le nombre de vomis de la nuit :s Ne pas oublier de se retourner en chemin pour admirer le Mont Blanc et la Meije, entre autres. Trouver ensuite un gîte choupinou (le coin en compte plein) pour voyager léger et choisir par exemple un des circuits enduros du pays de Saint Félicien pour retourner au bord du Rhône le lendemain. Un passage par le marché de Saint Félicien du dimanche matin sera évidemment apprécié.

Saint Félicien, le saint qui vous veut du bien.

Saint Félicien, le saint qui vous veut du bien.

C’est simple, c’est efficace, c’est rempli de chemins qui sentent bon la noisette châtaigne. Bref, on recommande grandement!

L'Ardèche verte, ouioui.

L’Ardèche verte, ouioui.

Concept testé ce WE et entièrement validé. On recommande!

TDS : un récit normal d’une épreuve anormale

Par Fabien

Commençons immédiatement par la fin : 119km, 7300m de D+, 23h23′ d’efforts, 186ème / 1809 partants… voilà pour les stats ! Mais au-delà de ces chiffres, je vais tenter de retracer le plus fidèlement possible ma petite virée autour du Mont Blanc…

CHAPITRE 1 – LA NAISSANCE ET L’ENFANCE

Moment d’émerveillement, la douleur d’un sommeil trop court vite remplacée par l’excitation de se confronter à un immense défi. Dans le bus qui nous amène à Courmayeur, j’ai déjà une chanson dans la tête (« l’arrière du bus… est dans le bus »…), et quelque chose me dit que ce ne sera pas la dernière ! Petit arrêt technique en descendant puis je me rends tranquillement sur la ligne de départ. Bien entendu, je suis à l’arrache, du coup j’essaie de m’incruster tant bien que mal au milieu de cette foule de coureurs venus des 4 coins du monde. Départ donné à 6H, me voilà parti la fleur au fusil dans un voyage de presque une journée complète. Les jambes sont relativement bonnes, le soleil se lève rapidement en donnant au Mont Blanc une teinte fantastique.

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J’alterne entre différentes pensées : « Ca va être génial! »   « Vais-je bien retrouver mon cerveau là où je l’ai laissé, juste à côté du PC au moment de l’inscription? »   « C’est vraiment un défi à la con mais j’aime ça, me faire mal« …. lorsqu’un élément me ramène à la réalité, une toute petite goutte d’eau qui coule malicieusement le long de la jambe… Mon Camel percé, j’ai déjà connu ça (je m’apercevrai 2H plus tard que j’avais simplement omis de remettre la barre orange fluo pour le fermer correctement)…

La naissance c’est aussi le moment où on découvre la vie, comme ce petit concours très glamour de rots improvisé avec un argentin.  Et puis les ambitions qui sont toujours là : les jambes sont bonnes, le sac un peu lourd mais on s’en accommode…

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Au final, cette insouciance me transporte sans difficultés jusqu’au col du Petit St Bernard, ou après 35km de course et des encouragements en mode tour de France dans la dernière montée, je bascule en France avec ce sentiment étrange qui te dit qu’il reste encore 84km et que la journée ne fait que commencer…

CHAPITRE 2 – L’ADOLESCENCE

Petit à petit, l’émerveillement cède sa place à la concentration. Les gestes sont plus calculés, le cerveau se met en mode course, j’apprends à découvrir chaque partie de mon corps et à m’exalter sur certains moments de plénitude que je découvre alors. Les douleurs de mon corps alternent aussi vite que les octaves dans la bouche de Maitre Gimms (pardon, je faisais seulement référence à une chanson que j’ai eu dans la tête pendant un moment). La descente vers Bourg St Maurice sur 15km me fait muer d’un coup et sous le coup de la chaleur qui devient écrasante, j’arrive largement entamé au ravitaillement. Les organisateurs avaient pourtant prévenu : « La course commence seulement à Bourg! »… ben ça se voit qu’ils n’ont pas couru les 50 premiers km!!!

CHAPITRE 3 – L’AGE ADULTE

Le ravitaillement à Bourg est terrible. Avec la même stupéfaction que j’ai eu lorsqu’on m’a dit que le père Noël n’existait pas ou que Armstrong était dopé, je réalise soudainement qu’il va falloir faire avec toutes ces douleurs pour atteindre l’arrivée. Je craque lorsque j’allume mon téléphone et que je lis tous les messages d’encouragement que je reçois ! Mon Dieu, ce coup de boost impressionnant… Du coup je me dis « allez, bouge toi le cul, on n’est pas là pour acheter le terrain! « . Me voilà reparti à l’assaut du passeur de Pralognan et de ses terribles 2000m de D+ quasi-consécutifs ! Il fait 35° au soleil et les coureurs cherchent désespérément l’ombre. Au fur et à mesure de la montée, un traileur pousse au pied de chaque arbre. Comme des bienfaiteurs inattendus, des locaux à l’apéro dans leur chalet à ce moment-là ont sorti leur jet d’eau et je me jette dessus comme si j’avais soif. Le mode mécanique est enclenché et mon moral gonfle à chaque concurrent dépassé. Mon rythme est bon et malgré un arrêt difficile au fort de la Platte, je repars à fond! (3km/h de moyenne sur cette montée…:) ) Le paysage au sommet du passeur est magnifique et la descente ultra-technique qui suit l’est tout autant. Je reconnais le Cormet de Roseland au loin et je continue à doubler du monde jusqu’au ravitaillement.

Je retrouve mon « sac de survie » et je bois 2 bols de soupe aux vermicelles, remède miracle lorsque plus rien ne passe. Je ne m’attarde pas à ce ravitaillement et je file en direction du col du Joly. Le jour commence à tomber petit à petit. Mon rythme est très bon jusqu’à la Gitte… et là… d’un seul coup… plus rien ! Mais quand je dis plus rien c’est vraiment plus rien ! Je suis frigorifié soudainement, l’envie de vomir est détestable, et les jambes ne veulent plus trop avancer… 100m je m’arrête…100m je m’arrête à nouveau… Tant pis, j’avance tant bien que mal et je me dis que ça va forcément revenir à un moment donné ! Je serre les dents jusqu’au col du Joly et mon orgueil en prend un coup à chaque fois qu’un concurrent me double. Je suis au plus mal lorsque j’arrive au ravitaillement.

Je me fais prendre en charge par les infirmières qui me font des tests sanguins pour voir si je ne suis pas en hypo ou en carence de quelque chose. Elles sont adorables et me ramènent à manger alors que je suis au plus mal sous la couverture de survie. Je me pose vraiment la question de continuer ou non. L’objectif temps du départ étant désormais cuit et ne pouvant plus rien avaler, c’est vraiment très très dur… Puis une des infirmières me glisse : « si vous voulez arrêter, vous pouvez rester! ». Cette phrase a un effet immédiat sur moi et je me lève et m’en vais en clopinant de ce « maudit » ravitaillement.

CHAPITRE 4 – LA SAGESSE

La nuit est bien présente, et jusqu’à la fin, je ne verrai plus qu’un défilé de lampes frontales. Un défilé de zombies auquel je participe, de coureurs fatigués courant après un but impalpable. Mes jambes de vieux avancent plus ou moins toutes seules et mon esprit vagabonde au gré de mes pensées. Le reste de la course ne sera que souffrance physique (jambes rigides, estomac en vrac, acceptation nulle de n’importe quel aliment que ce soit) et évasion mentale. Après un dernier ravitaillement aux Contamines au bout d’une interminable descente sur la route, le terrible col du Tricot achève mes dernières forces. L’obsession de l’arrivée est telle qu’elle me fait oublier le « Pourquoi je suis là ». C’est très dur, et les 5 dernières heures seront vraiment difficiles. Pourtant, aux alentours de 5h20 du matin, je passe la ligne d’arrivée dans les rues désertes de Chamonix heureux.

Pourquoi heureux ? Je n’en sais rien. Pour le défi accompli? Certainement. Parce que j’ai aimé tous les soutiens que j’ai reçu ? A coup sûr. Pourquoi j’ai fait ça ? Je garde cette réponse pour plus tard, car je ne suis plus vraiment sûr de rien après une telle course. La beauté de cet ultra-aventure réside sans doute dans la somme de tous les petits moments d’accomplissement que j’ai eu tout au long de cette balade, mais pas seulement…. la quête continue !

 

 

Le Tadjikistan à vélo : les tops et les flops

Avec Fabien, Rémy, Laure, Marco et Edouard

Je possède une frontière avec la Chine, l’Afghanistan, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan, je culmine a plus de 4000m sur une large partie de mon territoire et la route la soie me traverse, je suis, je suis ??

Trop fastoche c’est écrit dans le titre 🙂

C’est à 5 que nous sommes partis à la découverte de ce pays trop peu connu, en cyclo randonnée.

1450 km, 16000 m de dénivelé, 21 jours sur le vélo, des paysages incroyables et variés, voila le meilleur et le pire de cette belle aventure :

Top 3 des bivouacs
– Au pied du dernier col de la vallée de ShakhdaraDans une vallée déserte

– Lac du camp de base du Pic Lénine

Au pied du Pic Lenine

– Le champ juste après Sary Tash

En attendant notre Koumis

Top 3 des touiles mécaniques :
– Porte-bagages fendu de Laure

Oh bah mon porte bagage...
 
– Le single-speed d’Edouard

Oh bah mon dérailleur
 
– Le porte-bagages fendu de Marco

Top 5 des galères :
– Le caca mou de Fabien
– Le caca mou de Laure
– Le caca mou d’Edouard
– Le caca mou de Marco
– Le caca mou de Rémy

Top 3 des personnes rencontrées :
– Vladimir Ilitch, le chien fidèle de Sary Mogol
– Les frenchies intarissables de Solidream
– les papis et mamies de la vallée de Shakhdara et leurs abricots et cerises au milieu du désert

Top 3 des pires personnes rencontrées :
– Le chauffeur Osh-Bichkek, qui attend que nous 5 vélos soient bien démontés et ficelés pour augmenter le prix.
– L’arnaqueuse du premier en-cas kirghize : le prix d’une nuit pour un yaourt, abusé cocotte, non ?
– L’ensemble des employés de magasins de Bichkek. « Vous avez des cartons à nous filer pour nos vélos ? » « NIET ! »

Top 3 des expériences culinaires ratées :
– Le Koumis (lait de jument fermenté, pouvant se qualifier par 3 adjectif : acide, pétillant, imbuvable)
– Les pâtes pâteuses cuites pendant 20 minutes à feu doux à 4000m
– Le chinois de Bichkek. Trop de bonne nourriture tue la bonne nourriture.

Top 5 de la nourriture :
– Les pâtes aux oeufs réussies avec du ketchup (et oui, on se contente de peu)
– Le riz-carotte + crème fraîche magique amenée par Mamie en livraison directe depuis sa yourte (et oui, on se contente de peu)
– Le Las Vegas chinois d’Osh
– Le kilo de prosciutto crudo
– Le kilo de sirop de date

Top 6 des objets inutiles :
– le rutilant Leatherman de Laure
– le deuxième t-shirt technique de Laure
– le deuxième t-shirt technique de Fabien
– le deuxième t-shirt technique de Rémy
– le deuxième t-shirt technique de Marco
– le deuxième t-shirt technique d’Edouard

Et le top 10 des photos :

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