RIF 2022 : la BBT à la maison

Les photos sont de nous ou de Gwen Lavila, ou de l’orga RIF ou de nos supporters, merci !

L’aventure commence il y a 10 ans, lorsque 4 Bim Bim décident d’aller se frotter aux raids non-stop. 2012, ce sera notre première participation au Raid In France, dans sa version la plus folle, hôte des championnats du monde 2012 : une première dose de vaccin douloureuse mais addictive ! S’en suivent plusieurs doses de rappels, tout d’abord en Espagne (Raid Aran 2014), en Ardèche (RIF 2017), à la Réunion (RIF 2018) ou en Croatie (ARC 2019), avec comme coéquipiers, Etienne et Maëlle pour toutes les éditions, puis selon les dispos Rémy, Fabien, Joseph et Gillou. 

La nouvelle édition du RIF, proposée dans les Alpes, à la maison ou presque, sonne comme une évidence. Mais il faudra attendre 2022 et 2 reports COVID pour la concrétiser.

Nous voici donc à Bourg St Maurice, en cette fin juin 2022. La Bim Bim Team Raid comme il y a 10 ans, avec quelques rides de plus mais également beaucoup plus d’expérience pour aborder sereinement cette édition en Savoie Mont-Blanc. Maëlle est sur-motivée par un départ qui s’annonce secoué en packraft sur l’Isère, qui lui rappelle sa jeunesse et de nombreux stages et compets avec le CK Dole (Jiji, si tu nous lis !), mais également quelques bains dans les fameux rapides d’Aime sur ses 1ères années de kayakiste, le temps d’arriver à maîtriser suffisamment les éléments… Rémy et Fabien espèrent passer tout près de leur maison à Annecy et voir leurs plus fidèles supportrices venir les encourager. Etienne a la tête ailleurs, au GRAM 2022 sur lequel il travaille depuis de nombreux mois en tant que créateur et organisateur avec les Gones Raideurs, évènement programmé dans 2 mois.

10 ans plus tard, on ne se sent plus tout seuls sur la ligne de départ et nous retrouvons toute la grande famille du raid, les équipes que l’on connait bien, et également les bénévoles du RIF ! Que d’émotions après 2 ans d’attente et 4 ans depuis le dernier RIF ! Et également pas mal de supporters qui vont nous bichonner le moral, nous sortir de nos coups durs et nous sur-motiver sur tout le raid, avec dès la ligne de départ Emilie à nos côtés ! On pense aussi à nos bénévoles à domicile qui gèrent le camp de base, pour la gestion des filles (et oui en 10 ans la BBTR s’est reproduite !) Madeleine, Marie et Chanchan qui se passent le relais avec un programme largement aussi compliqué que le nôtre entre école, activités et sorties de fin d’année, et Claire avec sa maman pour s’occuper des jumelles.

Les vérifs et préparations matos se passent sans encombre, mis-à-part un trafic de bonnets entre les équipes qui n’avaient pas prévu que les buffs ne seraient pas acceptés et un oubli de piolet à la maison, réparé par la Team 7 les Gones Raideurs qui avaient du rab, au top. Tout le reste avait été préparé par chacun en amont de la course (notamment la bouffe), ce qui permet de ne pas être dans le rush sur l’avant course. 

Ce n’est même pas assez le rush et on doit tuer le temps en attendant le top départ, donné dans l’aprèm pour des questions de timing sur l’Isère. Détente dans le jardin de la maison funéraire de Bourg-Saint-Maurice.

Prologue : Trek-packraft – 10 km  

Samedi 15h, départ du RIF 2022 sur la place de Bourg-St-Maurice avec une chasse à la balise en packraft avant d’embarquer sur l’Isère. Faut-il gonfler les bateaux avant le départ ou sur place quand on devra embarquer ? Nous décidons que ces 10 min de gonflages sont bonnes à prendre avant le départ, donc nous partirons gonflés ! Puis direction le départ, et au bout de 2 min Etienne a le dos trempé, annonciateur d’une série de casse matos qui nous suivra tout le long du raid en commençant donc par son camel. Petit coup de scotch et ça tiendra bien le temps de la section, on a un camel en rab dans nos caisses matos aux transitions. 

En parallèle, la plupart des équipes semble avoir convergé vers la solution de gonfler les bateaux avant le top départ, et c’est un joyeux troupeau de bateaux multicolores qui prend le départ dans les rues du village. 

Go ! Tout le monde oublie qu’il lui reste 100h de raid et court au taquet chercher la première carte. Mauvaise lecture et mise en route pour la BBT qui se retrouve en bonne dernière position. Maëlle qui voulait embarquer en première sur la rivière râle sur son orienteur préféré qui lui fait prendre du retard. Même pas vrai, j’ai pas râlé ! Au 1er embarquement sur le plan d’eau, les bateaux sont tous mous et Rémy et Maëlle craignent la crevaison et de se faire avaler par leur bateau plié en deux. Descente du bateau dans la vase pour regonfler, ouf, ça tient… La suite est plus fluide sur un prologue plutôt ludique en mode jungle boueuse et une bonne transition avant d’embarquer sur l’Isère nous permettent de mieux nous placer. On retrouve Emilie sur la transition “J’hallucine, tout le monde est à fond alors qu’il reste 5 jours de raid !”

Dernier check avant embarquement : “Fabien, tu as bien ton couteau et la strobe-light ??” (matériel obligatoire à transférer sur le gilet pour les sections navigation)

“Non, je ne les trouve pas !! Pourtant je suis sûr de les avoir préparés pour être efficace à la transition !”

Fouille et vidage intégral de sac, finalement la Strobe-light et le couteau sont retrouvés à leur place dans son gilet de sauvetage… Petit coup de stress, c’était pas le moment de se prendre une pénalité pour manque de matos… (Maëlle aurait pu me tuer à ce moment-là si elle avait eu le couteau à disposition)

Rq : Durées de section indiquées transitions et repos compris 😉

Section A : Packraft 1 – 18 km. D+ : 0 ; D- : 192 m. Durée BBTR : 1h45  

L’Isère, on gère !

La descente de l’Isère se présente bien, les packrafts absorbent les vagues et filent à l’aval. Mais Gilles Zok nous demande de sortir de l’eau peu après l’entrée des rapides d’Aime car les premières équipes se sont retournées et fait bien fait peur.. On râle car on venait pour ça, c’était un peu la section de Maëlle ! On comprendra plus tard à l’arrivée que l’orga avait demandé un débit adapté pour la course, 10-15 m3/s, ce qui avait bien été appliqué, sauf qu’en pagayant les équipes ont rattrapé le débit précédent dans la journée, soit 20-30 m3/s, donc bien costaud !

Il nous demande de rembarquer 2 km plus loin (!) en suivant la rivière par la piste cyclable. Chacun se répartit la charge, Fabien portant notamment 2 sacs étanches relativement lourds. On trottine pour rembarquer rapidement quand CRACK ! Fabien plie sa pagaie en 2 ! Pagaie cassée. “Y’avait un trop gros bras de levier” dit-il penaud à Maëlle qui lui demandait ce qui s’était passé (elle comprendra plus tard que les deux sacs étaient portés en  mode baluchon de part et d’autres de la pagaie, on révisera les bases de la physique pour le prochain raid Fab !). On rembarque malgré tout, Fab en mode canoë avec une demi pagaie option fibres de carbone acérées (-> ouille les doigts), sur la section Aime – Centron, bien plus sauvage dans un beau défilé de gorges et avec quelques beaux rapides qui nous en mettent plein les yeux et de bons trains de vagues, sympas !

Plein les yeux surtout pour l’équipier de devant, je ne savais parfois plus où j’habitais après m’être mangé un rouleau !

Nous terminons cette première section tranquillement et arrivons dans l’effervescence du peloton qui se prépare pour la suite. Heureusement pour nous, la Team des copains de MECOJIT nous propose sa pagaie de secours, et c’est plus sereins que nous pouvons fermer le sac-pagaie pour monter sur nos VTT, on se voyait déjà bricoler avec scotch et branches, ce sera plus simple. Tout le monde remplit sa gourde à la fontaine et feu !

(Spoiler : la gourde est remplie à un robinet qui n’est autre qu’une dérivation de l’Isère pour nettoyer les combis à la base canoë… Faudra pas s’étonner des nombreux problèmes gastriques ayant eu lieu sur ce raid…)

Section B : VTT 1 – 68km. D+ : 3767 m ; D- : 2 034 m. Durée BBTR : 12h

Une section raide mais vite pliée

L’histoire ne retiendra pas grand-chose de ce long VTT de nuit à travers les stations de la Plagne et des Arcs, où l’intérêt VTTistique fut limité. On appréciera le coucher de soleil sur les hauteurs de Notre-Dame du Pré, qui permet déjà d’apprécier un bout du chemin parcouru avec l’Isère en contrebas.

Cette section permet toutefois de faire du bien au moral puisque nous n’aurons fait que remonter des équipes. Évolution piégeuse avec la lecture de carte au 50 millième pas toujours évidente, et des sentiers qui n’existent pas toujours. La balise K6 est mal placée, croisement piste-piste au lieu de croisement sentier-piste. Cela nous vaudra une belle perte de temps à vouloir jouer le beau jeu et suivre le sentier de descente indiqué qui n’était pas le bon… Beaucoup de déniv très raide, jusqu’à la fin de la section. On espérait se laisser glisser tranquillement vers l’AT mais que nenni,  montée sur route bien raide avant l’AT au-dessus de Sainte-Foy, on avait une moyenne de 2 km/h tout en étant sur le vélo…

On rejoint l’AT parmi les 10 premiers, pointant 30 min des 8h de repos obligatoire pour une microsieste et préparer les affaires pour le trek montagne suivant. Le temps passe vite, il faut remplir l’eau à la rivière, la filtrer, préparer ses pieds, la nourriture.

Etienne a déjà du mal à s’alimenter depuis le début du vélo, il va falloir gérer…

Cette fois c’est le dos de Rémy qui est trempé : 2ème camel percé, irréparable cette fois. Perte de temps et coup au moral pour moi, heureusement j’ai une gourde flexible de 1L en rab, moins pratique, je demanderai sur toute la section à Fabien de me la prendre dans la poche arrière !

Rappelez-nous, la prochaine fois, on fera tout avec les gourdes…

Section C : Trek 1 – 53 km. D+ : 4 535 m ; D- : 4 720 m. Durée BBTR : 29h

Le GROS morceau du raid, voyage en Haute Montagne

Allez, sacs chargés (équipement trek classique + chaussures d’alpi, crampons, baudrier, longes de via, casques & co + nourriture pour 24h), on y va.

Tout n’est pas rentré dans les sacs à dos, on se balade un sac plastique de nourriture à la main, des gros touristes…

Nous remontons le vallon du Charvet, on est au bout du monde, c’est magnifique et très sauvage. Donc sur le papier tout va bien, sauf que pour Etienne ça ne passe pas, impossible de manger, douleur au ventre, à la bouche, à la gorge. Démarrer un trek de + de 24h comme ça avec derrière encore 4 jours de course, c’est dur. Le doute et les pensées sombres arrivent, pourquoi faire ce genre de course, pourquoi ne pas rentrer à la maison, retrouver les filles et reprendre une vie normale… Bref, de toute façon, là où on est, pas trop le choix que d’avancer, de balise en balise, en espérant que les choses s’amélioreront. On bascule alors côté station de la Rosière avec retour de la civilisation, puis direction l’hospice du Petit St Bernard. Pause fastidieuse, contrôle matos montagne (ok !), on se ravitaille d’une crêpe a nut’ et d’un coca, ça nous fait un bien fou mais pour Etienne ça ne passe toujours pas. On repart, ça monte dré, puis on bascule col de la Forclaz avant de remonter tout le vallon jusqu’au Plan de la Forclaz, c’est absolument magique.

Vallée très sauvage, c’est là qu’on prend conscience des dimensions de ce territoire de jeu que Pascal et l’équipe RIF nous fait traverser. On avance, tranquillement, pour se préserver, la route est longue et il faut assurer. On est dans les mêmes temps que DSN et les Panthères, ça permet de discuter un peu de temps en temps (et de faire de la pub pour le GRAM !).

Etienne serre les dents, on ne parle pas abandon, la ligne d’équilibre est fine mais on tient le choc. Bascule au col giga-raide, on voit le glacier ! Et quand on se retourne, on commence à se dire qu’on l’a déjà bien entamé ce monstre de Trek qui pouvait paraître insurmontable ! La montée vers le glacier se poursuit, on traverse des troupeaux de marmottes.

Rémy : Passage à vide pour moi, rien à voir avec Etienne mais je ne mange pas grand chose, hypo, hydratation pas ouf, manque d’entrainement, j’ai la tête qui tourne et des jambes en mousse, je laisse des plumes dans le raide pierrier jusqu’à la neige.

Le vent se lève, on se demande ce que cela peut donner au sommet… Vu d’en face, comme toujours, ça parait raide ! Mais au final, le pied du glacier est abrité et le parcours est ajusté pour nous faire éviter la crête ventée, on s’encorde et c’est parti. Petit passage magique au coucher du soleil, entre les crevasses… On n’a pas froid, les perspectives sont incroyables, on slalome entre des cathédrales de neige et de glace, on savoure… Etienne tient le choc, ne mange toujours pas grand chose. Courage, au prochain CP on dort !

On se dépêche d’attaquer la redescente pour profiter du jour, on trottine à l’aise en crampons et on rattrape les copains des DSN74 – équipe 4 et on a juste derrière nous l’équipe 21 Les Panthères Absolu. Traversée rubalisée jusqu’au refuge, on trouve les bénévoles qui nous annoncent qu’on ne peut plus dormir au refuge car c’est plein et qu’il faut qu’on aille au suivant, 3h plus loin. Ou alors on dort dehors, ici, dans le pierrier… Notre urgence est de requinquer Etienne donc on guette dans l’entrée du refuge (d’autres équipes dorment) on doit bien pouvoir se serrer, et je pense aussi aux 2 équipes qui arrivent derrière et misent là-dessus… Au final le gardien accepte que nous dormions dans la cuisine, génial ! On pose 3h de sommeil direct, affaire sèche, bivy bag, c’est plaisir ! Malgré la dureté du carrelage le sommeil vient facilement.

Et grâce à la dureté du carrelage, le réveil est également facile ! Que c’est bon de ne pas se lever transi de froid ! On repart ragaillardis, vers 2h du matin 1/2h devant les 2 autres équipes. Départ en descente, il faut guetter un sentier qui part sur la droite. On arrive sur une moraine, tiens c’est bizarre, pas la bonne orientation… On remonte, petit chemin comme on cherchait, top. On remonte, le chemin disparaît. De nuit, on est dans un pierrier immense, puis sur un immense névé, on ne voit pas les formes au loin… Il faut trouver une faille dans le cirque rocheux pour passer de l’autre côté. On farfouille et déjà on voit venir les frontales des deux autres équipes. Les panthères font comme nous et on se retrouve ensemble à chercher dans le vallon, les DSN sont plus haut à chercher le chemin qui part sur la droite. Mais bon, manifestement ce n’est pas très fluide car ils avancent et reculent. On remonte un pan de neige, on tombe sur un glacier, c’est quand même bizarre il n’y a aucune trace… Trop craignos, on enlève les baskets et on enfile les grosses et les crampons, au moins, on ne se posera pas de question. D’après la carte, on doit passer derrière deux petits pics “évidents” un peu plus bas que la barre qui forme le cirque de la vallée. Cela va faire deux heures qu’on tourne, on ne progresse pas et on gaspille l’énergie retrouvée au refuge, c’est dur ! Questions existentielles, on se pose et on sort la tente d’urgence pour attendre le lever du jour ? On remonte au refuge se recaler ? On continue de chercher ? En éclairant fort on semble apercevoir les deux fameux pics, là où on cherchait au début. Allé, on y va, ça semble passer derrière via une belle langue de neige, mais quand même c’est vraiment curieux qu’il n’y ait aucune trace et pas de sécu… les DSN ont abandonné leur recherche en haut et nous ont rejoints, les Panthères sont parties au font de la vallée. On décide de contourner par en bas, en parallèle le jour se lève… et oui ça fait bien 2h qu’on farfouille au même endroit… et c’est là que tout s’éclaircit : nos deux fameux pics ne sont pas au 1er plan mais au 2nd… donc il faut traverser plus bas encore un poil avant de remonter… Allez, on se remobilise pour avancer. Les 2 équipes nous sont passées devant, le moral n’est pas au top, mais bon encore une fois, pas bien le choix, on avance péniblement jusqu’à passer au col et retrouver – enfin – un chemin. Allez, pause pour enlever les grosses et remettre les baskets, puis on enquille. L’estomac d’Etienne n’est toujours pas là, mais il fait jour et le jour a toujours eu un effet magique sur Etienne et côté orientation c’est plus simple donc on déroule et le terrain est très ludique et splendide, on se régale. Bouquetins et chamois sont de la partie, habiles et gracieux… On remonte les deux équipes et on accélère (tout est relatif, disons qu’on garde un rythme constant sans faire de pause intempestive !) pour rejoindre le refuge du col de la Croix de Bonhomme, où l’on arrive pile à 7h30, l’heure du petit dej donc on en profite ! On se pose à table au milieu des randonneurs. Muesli, thé, pain & confiture, c’est comme à la maison ! La nuit m’a vraiment remis de la mine dans le crayon, l’appetit est là, miam. Les deux autres équipes feront pareil, et eux aussi rencontrent des problèmes côté digestion… Etienne repart avec sa tartine de confiture à la main et la mangera cm par cm dans la traversée suivante, magnifique crête de la Gitte… ce sera déjà ça de pris ! La suite est plus roulante, on enchaine jusqu’au départ de la via Ferrata que l’on aperçoit au loin puis de plus en plus près, en même temps que le brouillard se lève. Via ferrata du Roc du Vent en plein brouillard, ambiance ! Le pont suspendu du milieu n’est pas laid. On est tout seul, on ne voit plus les équipes derrière nous. A la sortie de la via on était censé suivre les indications des guides pour prendre le chemin le plus court, mais comme on les a oubliées on joue la sécurité et on fait le tour pour récupérer le chemin officiel qui nous mène à l’AT.

Au détour d’un chemin, quelqu’un nous encourage, et Rémy s’exclame “ ha mais c’est Cricri !” “ vous avez pas vu Emilie ?” “ben non on a fait le tour” et là voilà qui crie pour qu’Emilie nous entende et nous rejoigne ! En même temps on continue la descente, ça nous a requinqués ! Et puis après c’est VTT, ça va forcément nous remettre Etienne en ordre de marche, on y croit… 

A la transition Christine, Noé et Emilie sont à fond, ils nous donnent un peu des nouvelles de nos supporters, ça fait du bien à tout le monde !

Vigilance sur les infos transmises, un commissaire de course tend l’oreille 🙂

Hé, dites-donc les gars, on n’aurait pas fait la moitié du déniv déjà ? c’est bon ça !

Section D : VTT 2 – 49 km. D+ : 1 590 m ; D- : 2 700 m. Durée BBTR : 13h

VTT bigoût

VTT de jour dans le Beaufortain, tous les ingrédients semblent présents pour en profiter un max. Sauf que Pascal a prévenu : nous allons trouver des occasions de le maudire. Sur la carte, on identifie une montée difficile qui se profile à la sortie de St Guérin. Avant cela, ça déroule avec un sentier à vaches un peu technique (Rémy : manque de lucidité dans les ornières pour moi, des micro-perte d’attention me font choir à plusieurs reprises !) pour contourner Roselend et une longue montée vers le col du Coin. Le genou de Maëlle tire un peu, on change le réglage de la selle et on allège un peu le sac, ça ne passe pas tout de suite, on tente le dangereux plan B anti-inflammatoire et ça passe, et le problème ne reviendra plus du tout sur le raid. Ouf ! Sur la piste, on croise Absolu 1 avec 2 estomacs en vrac. Echange d’encouragements et de médicaments puis c’est reparti. Sylvain, le caméraman qui les suivait, prend notre roue et nous accompagne jusqu’au bout de la montée et du 1er portage jusqu’au col du Coin (easy, il nous double, nous filme, nous redouble, nous refilme…), avec de belles images de brouillard, puis bascule en descente ludique ! Direction le refuge de la Coire qui nous accueille chaleureusement en nous proposant une omelette aux patates ! Miam, même Etienne n’y résiste pas 🙂 c’est de bon augure pour la suite…

Jusqu’au lac de Saint Guérin avec quelques pauses pour contourner les troupeaux à l’heure de la traite, avec bonus bouse bien fraiche. On nettoie bien les embouts de bidon ! La remontée semble tenir toutes ses promesses avec un lonnngg portage de 400 m de D+. On désosse le vélo de Maëlle pour l’alléger et les garçons portent ses roues, quelques centaines de grammes en moins, ça change tout ! Arrivés en haut, l’orage se profile. Maëlle commence à dire qu’on n’est pas en sucre mais heureusement Etienne ne lâche pas l’affaire et tous aux abris sous un chalet miraculeusement présent à proximité, c’était moins une l’orage éclate juste au-dessus de  nous, on laisse passer le gros de la pluie puis on repart sous une fine bruine, plus une moins fine grêle. C’est reparti pour une traversée magnifique sous le Grand Mont où les nuages se déchirent après l’orage. Mais la fin de la galère portage n’est pas terminée. Les sentiers en balcons sont inroulables et il nous faudra bien 4h pour rejoindre, à pied, le col de la Bâthie. C’est bien fatigués mais plein d’espoir qu’on attaque la descente vers Albertville. Malheureusement, malgré quelques virages coupés par la piste VTT “la Toutafond” au début, on la quitte rapidement pour se diriger vers les pistes forestières au fond du vallon. C’est ballot, porter le vélo pendant des heures pour descendre dré dans le pentu des pistes forestières… On se console en se disant que les km passent vite. Il ne faut quand même pas mollir sur l’orientation avec toutes ces pistes, mais Etienne est bien présent, ça va vite. La Bim Bim Team rejoint rapidement la transition suivante, déterminée à pagayer de nuit pour mieux dormir ensuite.

Section E : Packraft 2 – 11 km. D+ : 10 ; D- : 30 m. Durée BBTR : 3h

L’Isère par jour blanc, on gère !

Alors qu’on se prépare, Joseph et la 400 Team 2 sont déjà sur l’Isère et ça a l’air d’inquiéter l’orga qui se pose des questions sur la sécurité de la navigation de nuit, avec un peu de débit supplémentaire à cause des orages. Finalement, avec quelques consignes pour les passages des 3 ponts, on peut partir nous aussi descendre la rivière. Une fine couche de brouillard à fleur d’eau, éclairée par nos frontales, nous empêche de voir plus loin que quelques mètres devant nous. On se dirige à l’ouïe et en contrôlant sur le côté que la berge et ses arbres restent à proximité. Les consignes sont contradictoires. Au milieu du pont ? A gauche ? De toutes façons on découvre les piles au tout dernier moment donc on passe là où le courant nous a amené. Heureusement la navigation est facile, et même si on se laisse déboussoler quelques fois par des gravières invisibles, la sortie de l’eau est vite arrivée. Direction l’AT, sans encombre à travers champs, pour 2h de repos salvateurs sur lit d’herbe et au calme, bonheur.

Section F : Trek 2 – 54 km. D+ : 4 370 m ; D- : 3 660 m. Durée BBTR : 20h

Le Trek des Bauges, fraise des bois 

Autre gros morceau du raid, avec un trek pour traverser les Bauges qui devrait marquer le corps et les esprits. La partie sur le sommet de Chaurionde est annulée pour contourner par la station de la Sambuy. A la lecture de la carte, ce trek annonce beaucoup de passages en forêt, sur piste ou sur route (difficultés administratives ayant manifestement contraint le parcours…). Nous voici partis dans l’ascension du col de Tamié. Première surprise de la journée, un cri “Allée la Bim Bim” survient à la sortie d’un hameau, Bart-S vient à notre encontre au détour d’une balise, matinal le bougre. Rien de mieux pour donner un méga coup de boost à toute l’équipe !

La forme est bonne, on allonge le pas sans se mettre dans l’orange et les paysages défilent. Oh, un panneau Annecy, on rentre ? 2 options se présentent à nous une fois arrivés au col : la première nous fait faire moins de distance et plus de dénivelé, la seconde nous fait contourner par la vallée. On choisit celle-ci. Bien nous en a pris ! une belle coupe plus tard et nous voici sur les hauteurs de la Sambuy en train de cueillir quelques fraises des bois. En redescendant vers le parking de la station, nous apercevons au loin une équipe. Cool, on ne doit pas être si lent que cela. La descente vers St Ruph se fait au pas de course et nous voici rejoignant l’équipe de Jo, 400 Team Naturex 2, qui se ravitaille au bord de la rivière. Ils avaient choisi l’option directe. La motivation est au top, on prend soin de nos pieds, de nos estomacs, et nous voici face à un nouveau choix d’orientation. Cette fois, on prend l’option “dénivelé”, l’équipe de Joseph l’option “à flanc” et cette fois-ci ce sont eux qui gagnent. Tant pis, nous maintenons un bon rythme, on esquive un chantier forestier placé en plein milieu de l’iti (“On fait tomber des arbres sur le chemins, faut pas y passer”), et nous croisons l’équipe estonienne pour la première fois du raid lors d’une pause agréable sur les bords du golf de Giez.

Nous voici dans la bataille pour la place de 3 ! Allez, poursuite de notre long bonhomme de chemin par le bas des Bauges. Les chemins / routes que nous empruntons ne sont pas très intéressants, et ça chauffe les pieds. C’est à ce moment-là que nous croisons des autochtones qui nous indiquent que 2 filles en Dacia Duster nous cherchent. Encore des supporters ! Emilie et Fiona nous font la surprise de nous accompagner sur la première partie de la montée suivante. Rémy : Elles me trouvent au pire moment du raid pour moi, des douleurs soudaines me lancent les aducteurs et isquio, je ne sais pas ce qui m’arrive mais je n’en peux plus… Les filles nous laissent pour continuer seuls notre chemin vers la balise K26. L’indication du roadbook est claire : “Bord de sentier, altitude 1020m”. On remonte le sentier. L’altimètre affiche 1020 m, toujours pas de balise. 1040m, 1050m, 1060m… on fait le choix de se séparer et de ratisser le secteur pour trouver cette balise. On redescend de 150 m, puis on crapahute à droite et à gauche (calvaire, on ne s’entend plus, on ne s’écoute plus, on ne se voit plus), toujours rien. Notre patience en prend un coup. Se serait-on trompés de vallon ? Les altimètres sont-ils bien calés ? Y a-t-il un autre sentier en rive gauche, de l’autre côté du ravin ? Faut-il comme parfois au Raid in France remonter le lit du ruisseau pour y trouver la balise ? 1h plus tard, la mort dans l’âme, dernière issue : remonter le sentier et se recaler en haut. C’est reparti sur le sentier. Altitude 1090 m, la balise ! Rah ! à chaque fois c’est la même chose, on ne pousse pas assez loin. Il va nous falloir rattraper les équipes de devant que l’on sait loin puisqu’on ne les a pas croisées en train de chercher avant nous… tant pis c’est le jeu. On se console en se disant qu’on a la balise et que c’est le principal, et qu’on n’aura pas été les seuls à perdre du temps dessus ? On retrouve un journaliste anglais sur le plateau, qui interview Fabien : “it is Wonderful” qu’il dit le zigoto. On rigole bien et ça nous remonte le moral, même si le CP suivant se laisse désirer. Il s’agit de débrancher le cerveau pour la suite, avec une looooongue descente vers l’AT suivante et son canyon. Au milieu, on rattrape l’équipe de Jo, en perdition à cause de leur orienteur malade physiquement & mentalement. On recale tout le monde en retrouvant le chemin qui disparaissait après une piste récente non cartée, et la discussion permet à tout le monde de passer le temps et de se remotiver. Joseph nous fera part d’une belle hallucination dont il a le secret : “Etienne ! la balise ! tu l’as prise ? là juste dans le village !” “Non Jo, regarde, tu peux te rendormir, il n’y a rien ici”. huhu, tu nous auras manqué Jo pour ce raid. Heureusement qu’on s’est croisé plusieurs fois ! 

Section G : Canyon-Spéléo – 5 km. D+ : 250 m ; D- : 140 m. Durée BBTR : 4h

Ah GLA GLA GLA 

Comme la nuit dernière, décision est prise de poursuivre par l’épreuve froide et humide en pleine nuit pour mieux se sécher et reposer après. Claire est là à l’AT pour nous remonter le moral, (trop coooooool !!) merci ! Rémy : Je suis épuisé à cet AT, les jambes dures comme du chien, le moral dans les chaussettes mouillées, complètement inefficace pour gérer cette transition. On a eu la bonne idée de laisser le réchaud dans les caisses et la soupe aux nouilles mi-cuites fera grand bien.

Le canyon est rapide, mais les combinaisons 1 mm ne suffisent pas à nous tenir au chaud ! Notamment dans les nombreuses vasques où il faut nager. Miracle, la combi serrée et le froid font disparaître comme par magie tout mal de jambes ! Je me remets dedans grâce à cette section technique. Mais quel enfer ces vasques froides, les riverains se sont plaints de cris dans le canyons et j’admets avoir lâché quelques jurons ! On joue la sécu en rappelant tous les sauts. Quelques questions existentielles dans la partie du canyon où on est censé passer en opposition pour éviter de se coincer sous la cascade, sauf que physiologiquement mesurer 1.6 m à cet endroit n’est pas bien pratique ! Maëlle y laissera quelques plumes, mais tient le choc. Puis fin du canyon, marche aquatique, avant de reprendre la natation – ils nous avaient prévenus, vasques de 200 m de long ! Bon l’avantage c’est qu’on n’a pas du tout envie de dormir avec ça ! Sortie de la rivière, on enchaîne par la spéléo, et c’est là qu’on se rend compte qu’en fait on n’avait pas froid comparé aux 10°C de l’ambiance souterraine ! Mais la grotte est vite pliée, on peut se remettre au sec pour entamer la remontée de la fin de section, un raidillon à travers champs avec environ 183 clôtures à franchir. On est au coude à coude avec les Estoniens qui ne sont que 20 min devant nous et que l’on aperçoit à chaque transition depuis le début du canyon.

Arrivée à l’AT, on pose 2h de sommeil, gazon à la belle étoile, tout comme les estoniens (boulodrome à la belle étoile pour eux), alors en 3e position pour eux et 4e pour nous… l’équipe de Jo est restée se requinquer auprès du feu avant le canyon…

Section H : VTT 3 – 31 km. D+ : 1 030 m ; D- : 1 390  m. Durée BBTR : 7h 

La section de la BBT

Top réveil on y va. Le moral est bon, on a bien dormi et mine de rien, les sections qui nous restent ne nous font plus très peur… Lever efficace, petit coup d’eau aux transmissions fort éprouvées par la boue des sections précédentes. On part seulement quelques minutes derrière les estoniens, au soleil levant. On les remonte, puis on s’arrête juste avant de les doubler pour enlever une couche. On les remonte de nouveau (c’est quand même hyper efficace pour pas s’endormir que d’avoir une équipe à doubler en montée piste !) et cette fois-ci on les passe et là -craaaaac… “Etienne, j’ai un problème de dérailleur !”. C’est Fab. Les Estoniens repassent… Etienne et Fab réparent, Etienne râle, ça bricole ça bricole, ça marche ! Allé on y retourne. Traversée du plateau du Revard puis sortie de bois, les choses sérieuses vont démarrer puisque la montée se termine et que la méga descente démarre, et nous, on a les crocs !!

Etienne coupe, on double les Estoniens en toute discrétion et là on met les watts, le sentier est technique, le kiff. L’orientation n’est pas simple mais Etienne est au top dans la carte, ça déroule. On se régale dans la descente vers le pont de l’Abîme. Mais dites-donc, on serait pas en train de faire une section VTT sans galère et avec une descente 3 étoiles ? Cool ! Au milieu de la descente, Fab s’arrête d’un coup. Rémy est derrière lui, Maëlle et Etienne juste devant. “Etienne, Etienne” il crie, “Elle est où Maëlle ??”. Bon juste 2m devant lui à peu près… mais il parait qu’à ce moment je ressemblais à Rémy ! Bref, bonne tranche de rigolade on finit notre descente. Sur la fin, on retrouve une portion obligatoire à pied, on se rend compte que la roue arrière de Rémy tourne bizarrement, et après examen de près, qu’il a perdu la vis qui tient le triangle arrière ! La cata, il reste 40km de vélo et ça tourne plus rond, si on continue d’autres pièces pourraient rendre l’âme… On enfile 2 colliers rislan en attendant et on ramasse quelques bouts de bois qui pourraient avoir un diamètre compatible… On finit doucement la section, encouragés par Jérem et Guillaume, on réparera plus tard, à l’occasion de la transition en temps neutralisée… Pour l’instant il faut mettre cette incertitude sous le tapis et poursuivre notre chemin.

Section Ibis 1 : Trek 10 km – 3h

L’exotisme local

Transition rapide. Sur l’AT, il n’y a que 8 caisses à vélo, les nôtres et celles des Estoniens. On ne traine pas, et on repart seul, on a donc au moins une transition d’avance. Mais ça risque de ne pas suffire car le raid se termine par un looooong kayak sur du plat et nos ptits bras risquent de ne pas faire long feu sur ce type de terrain… Donc on ne lâche rien !

Départ le long du Chéran par un sentier de pêcheur qui roule tout seul, brossage de dents devant les yeux amusées de Jérémy et Guillaume (“Attends, je prends une photo pour les enfants !), puis on rejoint le lit de la rivière, une pépite qu’on aurait dû faire en packraft mais faute de niveau d’eau suffisant, que l’on pratique à pied. Je suis grave déçu en bien par cette section. On ne prend probablement pas les voies les plus rapides mais c’est pas grave, c’est absolument splendide ! On se régale, on a la rivière pour nous tout seul, un peu de nage, un peu de psychobloc (escalade au-dessus de l’eau), c’est incroyable… Fin de la section, on voit du monde qui arrive à notre rencontre, cool encore des copains ! Laure, BartS, Ded, haha, on se poserait bien avec vous coolos toute l’aprem au bord de la rivière ! 

Mais bon, y a un vélo à réparer et une 3e place à renforcer donc on enchaîne… 

Transition express, toujours pas d’équipe qui arrive. On dépose les caisses à vélo pour enclencher les 3h de neutralisation, puis on se pose plus sérieusement et on commence à tailler notre fameux bout de bois pour venir remplacer la vis manquante dans le vélo de Rémy… Taillage idoine à l’opinel, taraudage au forceps, aidé par quelques coups dans le cadre avec les galets du Chéran, ça dépasse de 10 cm (faut de la réserve s’il casse) mais ça semble tenir… Y a plus qu’à tester !

Section Ibis 2 : VTT Transition – 18 km – 3h imposées

Coup de chance, la section suivante est hors chrono car sur la route. Les arrêtés sécheresse interdisent en effet de poursuivre sur la rivière. Nous avons 3h pour rejoindre l’AT suivante ce qui est largement suffisant. Comme il n’y a pas de pression chrono sur cette section c’est bien soporifique et en plus il fait au moins 40 °C à l’ombre… Pause à l’intermarché de Rumilly pour ravito par les garçons, pendant ce temps Maëlle en profite pour dormir (merci les gars !). Nos achats : du yop, du saint moret, du pain frais, des tomates, et du stick à lèvres anti-UV (on a pris cher en montagne et c’était y’a trois jours, ouille ouille ouille ça pique).

Puis on attaque la montée finale, et là un grand camion blanc nous double et s’arrête sur le bas côté. En sortent 5 personnes au taquet : “Allé les bimbims !!” C’est Franck, Myriam et leurs 3 enfants, on ne savait même pas qu’ils suivaient la course ! Ils nous encouragent et sont à fond, et nous indiquent qu’ils habitent à 1.5 km de l’arrivée, tiens, ça peut nous intéresser… On rejoint rapidement l’AT et avec l’équipe de tournage qui nous attend pour voir comment on gère cette période de la course. Pour l’instant, le vélo de Rémy a tenu, mais on n’a fait que de la route et pas bien raide… On discute on discute, on en oublie de piquer un ptit somme…

Section J : VTT 4 – 20 km. D+ : 700 m ; D- : 930  m. Durée BBTR : 3h 

VTT

Une épée de Damoclès de la taille d’un tout petit bout de bois.

Section assez courte et binaire, avec une montée sur la montagne du Gros Foug pour rejoindre Motz et l’embouchure du Fier sur le Rhône. On monte tranquille, en gardant le rythme. Rémy met pied à terre rapidement pour soulager le fameux pitit bout de bois dans les montées raides. Pour une fois on ne râlera pas sur la descente sur piste sans intérêt, car elle nous permet de préserver le vélo de Rémy qui ne tient qu’avec sa mini branche et par l’hyperstatisme de son cadre… Etienne est seul dans la carte (Rémy : ah oui, j’ai oublié mon porte-carte dans mon hall d’immeuble, m’en suis fait prêter un par les Gones (MERCI), mais les vis ont lâché avec les vibrations, décidément…), et il enchaîne les intersections au taquet. Ou est l’Etienne au bout du roul’ du trek Haute-Montagne ? Loin ! On est rapidement à l’AT suivante où il s’agit d’équiper les packrafts pour descendre le Rhône. Rémy nous concocte des sandwiches Bocuse (les bénévoles sont un peu jaloux, on pourrait se faire embaucher dans la team cantine !). Prêts à repartir, Rémy jette un coup d’oeil à la carte et trouve étonnant que cette section aquatique commence par remonter sur la colline… “Euh Etienne, on a déjà pris cette balise ?” Blanc. “Heu non… je l’ai zappée. J’étais focus sur l’intersection, j’ai zappé la balise”. Ah ça fanfaronnait à l’arrivée après cette belle section et avec la fin du raid en vue ! Mais après une vérif règlement, ce n’est pas trop tard, ouf, merci Rémy. La Team se remobilise et c’est parti pour remonter les 150 m de déniv jusqu’à la dernière balise oubliée. L’aller au sommet est vite plié, tout le monde est bien réveillé, et l’équipe suivante ne nous a pas rattrapés… 

“Allez Go go go !” lance Fabien, galvanisé par la fin approchant, en retournant son vélo d’un geste leste juste après le pointage de la balise.

Et “CRACK”, fait le petit bout de bois qui avait si bien tenu jusque là.

“P*t**n !” fait Rémy…

Mais il ne reste que la descente pour retourner à l’AT, au pire, on courra à côté du vélo… Ça va tenir ! 

Section K : Packraft 3 – 18 km. D+ : 10 ; D- : 25 m. Durée BBTR : 3h

Cette fois c’est bon, on peut embarquer sur les packrafts pour descendre le Rhône. Lola, Mathias, ZachZach et Mahé sont là pour nous encourager au passage du barrage de Chautagne ! Merci ! Maëlle et Etienne sont “à la maison” sur le territoire CNR. Malheureusement, on arrive avant les gros débits de la pointe du soir, mais il reste un peu de courant et la section est vite passée, entre les méandres du Vieux Rhône et les vols de Hérons à la tombée du jour. On n’a pas encore sommeil et c’est vraiment chouette. D’autant plus qu’au détour d’une berge, Zélie Charlotte sont venues elles aussi nous voir ! Merci Chanchan ! Allez, ce n’est pas le moment de pleurer, on file vers l’arrivée ! 

Section L : Kayak – 30 km. D+ : – ; D- : – m. Durée BBTR : 6h

On part sur cette dernière section alors que la nuit tombe, et toujours personne en vue derrière nous. Pourtant, on leur laisse encore quelques occasions de nous rattraper avec l’entrée du canal de Savière qu’on peine à trouver, on tente d’accrocher les bateaux entre eux pour manger et se reposer à tour de rôle mais ça ne marche pas bien, puis un petit aller-retour entre l’Abbaye de Hautecombe et la balise (pas facile de se repérer la nuit ! ). Mais le sommeil nous tombe dessus en plein lac, enfin surtout sur Rémy qui galère dans une demi-conscience à mettre la pagaie dans l’eau. Il faut dire qu’on lui avait promis qu’on dormirait en kayak et qu’on ne ferait pas toutes les 2 sections d’un bloc… Fabien et Etienne chantent à tue-tête pour se remobiliser, Maëlle ne dit mot mais ses bras bouillonnent derrière Rémy pour garder un peu de mouvement.

Le faux-rythme est terrible (moi j’crois pas qu’on était dans un faux rythme, on a mis le même temps que les autres). D’autant que de nuit, on éteint les frontales pour ne pas être éblouis par la pagaie et on a une horrible impression de faire du sur place sur le lac, face à un courant et vent de face, c’est psychologiquement difficile. Etienne se retourne alors, et aperçoit 2 lumières qui se rapprochent ! “Vite ils nous rattrapent” ! Branle-bas de combat, ça crie, ça s’énerve, mais le rythme revient et c’est stressés et les épaules en feu qu’on rejoint la balise suivante à l’embouchure de la Leysse. Emilie est là encore pour nous encourager, mais pas le temps, ils sont juste derrière nous ! Et pour avoir vécu ça 3 ans plus tôt en Croatie, se faire doubler en kayak de mer de nuit sur la dernière section d’un raid, c’est pas rigolo… Etienne et Maëlle échangent de place dans les kayaks, et c’est parti pour la dernière ligne droite, enfin il doit bien rester encore 10 petits km…. On remonte l’embouchure en aller-retour, et paf, voilà les frontales qui se présentent à l’entrée… mais qu’est-ce qu’ils font ? Pourquoi ils ne tournent pas vers nous ? Ils traversent ? Ha ben en fait c’est pas eux ? Juste des voitures sur la route au loin ? Mais en vrai, on est sûr de les avoir vus non, juste derrière nous, depuis tout ce temps ? En regardant derrière, les lumières sont toujours là, mais étrangement fixes. Une hallucination sans doute. On garde quand même le rythme, avec un peu d’espoir mais quand même pas super sereins. Rémy se battant contre son sommeil (FLOUTCH FLoutch flouch fZzzz Hein oui, je pagaye ! FLOUTCH FLoutch flouch fZzzzZ Hein ?).

L’arrivée se rapproche ! Et là sur la plage, Emilie, Franck, Chanchan, Roby, Zélie et Charlotte ! 4h du mat’, vous n’êtes pas couchées ? Merci d’être là ! A l’approche de la plage, on pose les pagaies, on appelle nos supporters, ils nous répondent… quelle émotion !! ça y est, on y est ! Les larmes aux yeux et le cœur gros, tout débordant de l’intensité vécue nuit et jour à 4 mais se sachant plus de 30 au taquet 24h/24 à suivre notre course sur le téléphone en whatsapp ou carrément sur le parcours, plus tous les autres qui nous ont suivis de leurs côtés, tous ces amis qui ont cru en nous probablement plus que nous… Merci ! Merci pour tout ce soutien ! 4h du mat’, la Bim Bim Team, 10 ans après son premier RIF, croise la ligne d’arrivée en 3ème position…

Sur cette course reine, le RIF, la plus belle, la plus sauvage, technique exigeante, celle qui nous ressemble le plus, quel honneur et quel bonheur… Merci Pascal, merci l’orga, merci les bénévoles, on vous aime et s’il vous plait, continuez votre distribution de bonheur à l’état pur, à l’état brut…

4 coéquipiers soudés, il ne pouvait rien nous arriver ou au contraire tout pouvait nous arriver, on était prêt à y faire face… Etienne, une domination incroyable de la carte, et une fois l’estomac dompté, une aisance physique monumentale. Fabien, notre boulet de service dans une forme exceptionnelle (mais comment fait-il ??), prêt à porter 2, 3 sacs à dos en même temps, trop facile, et toujours capable de dégainer une bonne vieille blague vaseuse (vous saviez qu’il y a une montée à Saury ?) ou à envoyer du steack pour accélérer en toute circonstance, un monstre de mental. Rémy, comme toujours, solide, fiable, polyvalent à l’extrême, posé, ça roule et ça déroule toujours en forme et toute en bienveillance avec ses coéquipiers. Et Maëlle, le ptit truc qui essaie de suivre ses 3 boys en se nourrissant de tous ces moments forts qui nous marquent à vie, la plus motivée, et qui sait nous le transmettre quand le moral baisse… 

Quelques chiffres : 

400 km

16000 m D+

0 cL de vomi

5 nuits passées dehors

6h de sommeil effectif pendant les 8h de repos officiel, sur 109h de course (un record) : 2h30 au refuge Robert Blanc

1h30 après l’Isère de nuit

1h30 après le canyon de nuit

38 équipes au départ, 32 finishers (mais incomplètes), 25 classées, 8 full race

Plus de 2000 messages sur la Bim Bim Fan Zone (chaaaampions de la galaxie des supporters !!!)

4 étoiles, pour l’accueil à l’arrivée chez Myriam et Franck !

Les découvertes de ce RIF : 

La purée mousseline ! (merci Jojo !)

Le portage de vélo en kit

On peut faire des top 3 sur des ARWS

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