Adventure Race Croatia 2019

Par la BimBimTeam, avec les commentaires de Maëlle, Fabien, Gilles, Etienne

Photos : BimBimTeam ou organisation ARC

Fraîchement revenus de la Réunion, les têtes étaient déjà à programmer la saison suivante. Alors que Joseph s’envole pour l’Amérique, Fabien veut repartir vivre l’aventure avec nous. La team 2012-2014 is back ! 2 manches ARWC nous font de l’oeil notamment, l’Ecosse en août et la Croatie en septembre. On choisira finalement la 2ème, même si nous avions déjà eu l’occasion de visiter la région. Cette fois-ci, ce sera “the hard way” !

C’est le rush pour les inscriptions. En 10 jours c’est rempli, et cela tombe alors que Fabien et Etienne viennent de tenter leur 2ème chance au tirage au sort UTMB et TDS… Finalement la réponse sera positive pour tous : TDS, UTMB, ARC… ouille ouille ouille, le programme de la fin d’été s’annonce chargé, il faudra être prêts !

Mais déjà l’été a ses rebondissements, avec Rémy qui chope une mauvaise maladie, le mettant à plat pour quelques semaines. Il préfère sauter son tour pour cette fois-ci. On se tourne alors vers une nouvelle tête pour la BimBimTeam, Gilles, fidèle Gônes Raideurs, qui en deux temps trois mouvements se libère et se motive pour partir en Croatie avec nous.

Tout est donc en place pour cette manche ARWS. Mais voilà, Etienne abandonne à 70 km à la TDS pour une inflammation du genou. Fabien subit exactement le même sort à l’UTMB. Moral en berne et genou en vrac, il leur reste 1 semaine pour se réparer. Heureusement, ils ont des bons ostéos et c’est vaillants qu’on se lance, Fabien, Etienne et Maëlle pour un samedi (J-3) de préparation logistique, pendant que Gilles enchaîne journée de boulot puis les 40 ans d’un pote d’enfance après avoir fêté son propre anniversaire une semaine plus tôt (belle préparation !). Départ le lendemain dimanche pour 13h de route, direction Pakostane, Croatia !

1er défi, on part sans remorque… Mission accomplie : on a réussi à rentrer caisses à vélo, matos et 1 vélo dans la voiture, 3 vélos sur le porte vélo, vive les opel combo !

Un trajet globalement sans encombre, sauf à l’approche de la frontière croate où je m’aperçois que ma carte d’identité est restée à la maison… A la douanière, on propose en échange nos plus beaux sourires, mon permis de conduire, une copie sur mon téléphone de mon passeport et la réservation du camping… Elle nous laisse passer après quelques réprimandes et un “bon courage pour le retour, ce n’est pas Schengen la Croatie !”. Ouf ! ça aurait été ballot de s’arrêter là !

Le road book ayant été fourni plusieurs jours en avance, nous avons pu préparer pas mal de choses depuis la France. Ce qui nous permet d’arriver sereins sur place, de s’enregistrer facilement (les vérifs sont une blague par rapport au raid in France…) et d’aller faire quelques plongeons et de tester la boule lyonnaise à la croate.

Il faut toutefois mettre tout dans les caisses puis filer au briefing de course. 

En démontant sa roue arrière de vélo, Etienne la laisse tomber à la renverse et la roue libre explose ! Branle bas de combat ! Comment on remonte ça ? Heureusement internet est là, mais surtout les voisins de la 400 team qui nous aident à chercher une pièce manquante. Alors qu’on s’apprêtait à filer acheter une roue au premier magasin ouvert (à 30min de route), la pièce est retrouvée et tout redevient vite en ordre. Ouf ! on peut souffler, tout est prêt, emballé, pesé.

Section 0 : Trek – 0.5 km

Le départ est donné dans les rues de Zadar. Maëlle nous ayant placés aux avant postes, on sera dans le groupe des premiers bateaux à embarquer même si Fabien échappe de son sac le tube de crème solaire à peu près 45 secondes après le top départ et manque de se faire écraser par le peloton enragé 😉

Section 1 : Kayak – 32 km

Ce premier kayak consiste à relier l’île de Pag au littoral non loin de Paklenica. La section est longue mais splendide.

On prend l’option de traverser le canal dès le début pour longer la côte jusqu’à l’AT (aire de transition). Rapidement seuls, on tente de garder le rythme métronomique imposé par Étienne et Maëlle, prenant soin de s’alimenter et beaucoup boire car les températures grimpent vite. On aura raison car beaucoup d’équipes souffriront de coup de chaud par la suite. Malgré le vent de face, on termine la section en un temps honorable de 5h et on sort modestement du kayak vers la 15 ou 20ième place. La transition n’est pas hyper rapide, le temps de se dessaler un peu, prendre soin de nos pieds puis de charger les sacs pour un premier long trek.

Section 2 : Trek – 40 km ; + 2 200 m / – 2 150 m

Ça commence doucement par un kilomètre vertical, où on double quelques équipes en souffrance, dont les 400 team que nous croiserons pas mal tout au long de ce raid. Allez, courage, vous aurez le temps de vous en remettre… Arrivés sur le plateau, de beaux passages de crapahute dans les lapiaz et les falaises de calcaire nous attendent.  La nuit est déjà là.

On se permet un petit détour pour récupérer de l’eau et descendre sur Paklenica en plutôt bonne position. Quel plaisir que ce trek de début de raid, chemins techniques magnifiques et on est en forme pour en profiter…(Note : Trek à refaire avec les copains et les enfants ! enfin sans la partie via ferrata sans baudrier, un peu trop engagé…)

Jusqu’à maintenant, les balises étaient évidentes, pas cachées. Sauf qu’on ne trouve pas la dernière avant l’AT… mais elle devrait être là, au niveau des bancs : “boulder behind the benches” ! on tourne 10 min, puis on finit par rejoindre l’AT en disant que la balise n’y est plus. Les bénévoles nous disent que si si, elle y est, un peu cachée. On repart alors, désappointés, et on tombe sur 3 ou 4 équipes cherchant la balise à l’endroit prévu. Elle sera dénichée finalement à 30m derrière le chemin. C’est rageant de perdre du temps comme ça, mais restons motivés, la route est longue !

Section 3 : VTT – 64 km ; +1 400 m / – 900 m

Allé, c’est parti pour accélérer l’allure ! Etienne aux manettes, l’orientation déroule avec une efficacité incroyable et on n’a pas à réfléchir. On se fait rattraper à vive allure par des finlandais très bruyants mais que nous doublons à chaque intersection. Ils finissent par rester derrière nous, attendant que nous trouvions la balise du belvédère. La carte nous entraîne ensuite au pied d’une graaaande montée piste de plus de 1000 m de dénivelée. Les finlandais nous déposent, on s’arrête manger et on se fait encore doubler par deux équipes, puis par les 400 team. C’est reparti, c’est dur et long, on s’accroche et s’entraide comme on peut pour éviter que Maëlle ne dorme littéralement sur le vélo. Qu’est ce que ça peut être soporifique le vélo sur piste de nuit… Vivement la descente… Mais bon, 1h plus tard je me réveille enfin, ce qui permet d’accélérer un peu l’allure, ouf ! Le vent est très fort, donc on alterne entre chaque épingle vent de face et vent dans le dos. Au final c’est pas mal car ça aide aussi un peu à rester éveillé… On discute avec les 400 team et on finit la montée ensemble, on enfile une couche pour combattre le froid bien cinglant, puis on passe devant à la descente. 

VTT, summit (de jour c’est mieux quand même… )

Rien de technique mais ils avaient bien sommeil aussi… On rattrape deux autres équipes. La fin de la section est assez longue et vallonnée, on n’en avait pas fini avec la montée… Paysages de moyenne montagne, on se croirait dans le Jura !

Section 4 : Trek CO – 25 km ; + 850 m / – 1 450 m

Départ pour cette nouvelle section tranquille, la fin du VTT nous a un peu fatigués. Les estomacs ne sont pas au top, ça tient mais bon. On monte donc doucement, le temps de se refaire. La section est plus technique en orientation, peu de chemins, on navigue entre genêts, forêt, crête. Une équipe nous double, mais on ne s’affole pas, on se refait une santé. La progression est lente et le brouillard ne nous aide pas à dynamiser l’allure… Puis enfin, le soleil perce, les perspectives sont de descendre à dré dans un long pierrier – première petite alerte de ma cheville gauche qui tourne un peu trop au milieu des lapiaz. On rejoint ensuite le col au loin. Les 400 team sont sur nos pas et avancent manifestement plus vite que nous sur ce début de section. La carte indique un chemin conduisant à la balise, sur l’autre versant de la montagne. On tente de le rejoindre, en vain. Pas de chemin. Coup au moral pour moi, la progression est encore plus lente, en dévers dans la forêt en slalomant entre les rochers… Mais bon, y a pas le choix, on ne va pas faire demi tour de toute façon… sortie de forêt, on file sur l’autre crête rocheuse, coche la balise puis on se pose pour un bon repas et un léger strap pour assurer le maintien de ma cheville. Les 400 team arrivent alors, ce qui nous remotive, on n’a pas été les seuls à galérer manifestement… On repart alors en descente sous le soleil. Passage également au bord d’un gouffre de 200 m de profondeur, utilisé en base jump selon l’orga… :

Petite traversée de rivière qui n’est pas pour nous déplaire, chacun sa technique, sac à dos dans sac étanche ou contenu du sac dans sac poubelle 🙂 En tous cas, ça rafraichit et c’est tant mieux ! Les battements des pieds lors de la traversée de rivière ont réveillé la douleur et chaque pause de pied est minutieusement réalisée pour ne pas risquer d’amplifier l’affaire, ma progression sur ce dernier km ralentit l’équipe car il m’est impossible de courir, mais bon l’AT approche, il y aura sûrement un médecin ou du matos pour refaire un strap plus solide…

Section 5 : Kayak – 20 km

… mauvaise  pioche, ni médecin, ni matériel médical, j’attendrai d’arriver à la Transition suivante en sortie de kayak pour utiliser l’elasto que nous avons dans nos caisses… Le tracé nous fait d’abord emprunter la rivière puis débouche sur la mer. Ici encore, c’est incroyable… Section très belle dans ces grands espaces et côtes majestueuses…

Bon j’avoue ne pas trop me rappeler de la 1ère heure de la section, mais chut, il ne faut pas le dire à mon coéquipier de kayak… L’AT est 5 étoiles. Douche, eau chaude, nouvelle cheville pour Gilles… Mais ne traînons pas trop, les 400 team arrivent peu après nous.

Section 6 : Trek CO – 15 km ; + 700 m / – 300 m

Très joli trek dans les marais salants puis la montagne à proximité, au coucher du soleil et lever de lune.

On jardine un peu pour trouver la balise au sommet en ayant voulu éviter la coupe dans les falaises, mais rien de méchant.

Puis tout s’enchaine bien, les 400 team nous remontent alors qu’on se posait des questions sur un chemin qui ne collait pas à la carte, donc on poursuit ensemble, c’est très sympa. Arrive alors l’instant fatidique de la balise 27 des éoliennes… Enfin un instant qui a bien dû durer 2h… Le topo : La balise est positionnée à l’angle d’une ruine, à l’issue d’un ancien chemin. La réalité : la montagne est pleine de ruines et murets pas tous cartographiés, et les éoliennes tournent à côté de nous mais ne sont pas sur la carte. Avec les 400 team on se pose, ça s’annonce complexe. Ils coupent à dré dans la pente, Etienne choisit de revenir sur nos pas. Il trouve une trace, on descend et on guette l’alti. D’un coup, on entend un cri des 400 team puis plus rien. Le doute arrive… Etienne continue de descendre, on voit des ruines, on cherche, pas là. Etienne nous dit, c’est plus bas. Moi j’indique que si les 400 team ne sont plus là, c’est qu’ils ont dû la trouver, donc qu’on est au mauvais endroit… erreur fatale…On coupe à flanc un peu plus haut que l’altitude supposée de la balise pour tenter de tomber dessus. ça ne progresse pas bien dans les buissons épineux alternés avec les lapiaz. On trouve plein de ruines et de murets mais pas les bons. Chou blanc, on remonte 70m de déniv pour se recaler sur la piste. On redescend là où les 400 team étaient descendus. Rien. On remonte, on file au sommet pour se recaler, on redescend. ça fait déjà environ 1h qu’on cherche, 3 équipes arrivent et continuent plus loin sur la piste. Etienne insiste : “ écoutez, franchement, pour moi, la balise elle doit être là, sur notre toute première trace”. On redescend, le moral dans les chaussettes et les doutes qui s’accumulent… On se retrouve au point initial où on a fait demi tour, Etienne devant, 2 min plus tard, c’est bon les gars ! Chapeau bas pour notre orienteur, et belle leçon, ne pas se faire embarquer par les autres équipes… Incroyable qu’on n’ait pas vu passer les 400 team lorsqu’ils l’ont trouvée ! Sur ce on donne la balise aux 3 équipes derrière nous, c’est le jeu, on rejoint rapidement l’AT…

Notre trace gps en bleu…

Section 7 : VTT – 73 km ; + 1 250 m / – 500 m

On choisit de s’accorder une pause sommeil au TA suivant. Transition rapide, puis réveil programmé 1H30 plus tard. Le confort est sommaire (quelques planches de bois feront office de lit) et la qualité du sommeil n’est pas au rendez-vous.  En effet, plusieurs équipes dorment déjà dans ce refuge et les réveils ne sont pas programmés à la même heure ! Joseph, j’ai pensé à toi pendant 30s en me demandant si j’arriverais à m’endormir… mais en fait moi je n’ai eu aucun souci pour bien dormir huhu… Moi nous plus, je pense avoir pris une demi-seconde pour m’endormir… Bref il est 1H30 quand notre réveil sonne,  et 10 min plus tard le temps qu’on arrive à sortir Gilles du fond de son Bivi-Bag… à mon réveil quelle surprise de voir Fab et Étienne déjà prêts… Oups, va pas falloir trainer. La transition n’est pas ultra efficace mais nous enfourchons tant bien que mal nos montures 15 min plus tard. Le rythme de la Bim Bim Team est bon. Nous parvenons à doubler une équipe (probablement des Slovènes) grâce à un choix d’orientation ultra rapide d’Etienne. La section se passe bien, les kilomètres passent assez vite, peu de difficultés techniques pour nous réveiller. Au lever du jour, nous croisons les 400 Team sur une balise en aller-retour sur un single tutti frutti, on en aurait bien pris plus ! Plus que 5 min de retard alors que nous sommes partis au minimum 30 min derrière eux de la bergerie ! Cool, ça nous donne un bon coup de boost au moral et nous entamons la dernière montée requinqués ! En haut, une looonnnggguuueee ligne droite avec un vent de face terrible nous conduit à la transition suivante.

Section 8 : Trek CO – 22 km ; +/- 1 012 m

Une bénévole vient alors vers nous pour nous signaler que notre balise GPS ne fonctionne plus et qu’il faut la remplacer. Les souvenirs du RIF 2017 remontent et nous pensons immédiatement à notre fan club qui a dû s’inquiéter derrière l’écran ! Transition rapide, nous voulons perdre le moins de temps possible pour enchaîner sur cette section trek montagne qui s’annonce très technique et pas très roulante.

Le vent souffle toujours aussi fort et les gouttes de pluie nous fouettent le visage. Pour couronner le tout, un orage éclate au dessus de nos têtes… ambiance, ambiance !

Nous rejoignons les 400 Team dans la montée, ils sont abrités derrière un rocher pour se changer. La première balise n’est plus très loin. Etienne la trouve au pied d’un rocher en forme de visage (non, non, ce n’est pas encore une hallucination !).

Les 400 Team rebroussent chemin en nous voyant trouver la balise. La balise suivante est plus compliquée à atteindre. Il faut suivre une crête herbeuse en alternant avec quelques montées / descentes de part et d’autre des sommets. En plein brouillard, Etienne nous conduit sans ciller directement à la balise. Puis on hésite sur l’itinéraire pour la suite, de la forêt pour rejoindre la balise 39. Les 400 team arrivent et choisissent l’option coupe, qui nous inquiète un peu, il y a une couleur bizarre sur la carte, on ne sait pas trop ce que ça signifie…On choisit donc de tenter de rattraper un chemin, en avançant très prudemment pour ne pas se rater… mais pas de chemin… donc on abandonne l’idée et on file à travers bois, pour retrouver la piste en contrebas de la montagne, sur le versant opposé de celui choisi par les 400 team. Malgré la fatigue, nous avançons à un rythme correct. L’option choisie par l’équipe doit nous permettre de joindre cette balise en contournant la montagne. Pour gagner un peu de temps, nous empruntons un raccourci qui nous oblige à quelques mètres supplémentaires de D+. La carte est trompeuse et les dévers dans les champs nous pompent de l’énergie. C’est dans un état de fraicheur proche du néant que nous parvenons à cette fameuse balise et que nous enchaînons en trottinant sur 8 km sur une piste pour revenir à l’AT et tenter de remonter quelque peu notre retard… Petit coucou à Alaïs et son équipe qui arrive sur cette transition, cette section ne devant pas être bien facile de nuit… courage !

Section 9 : VTT – 45 km ; + 550 m / – 700 m

A nouveau une mauvaise surprise en arrivant puisque notre balise GPS ne fonctionne toujours pas. Le bénévole me dit de bien la mettre sur le dessus du sac. Je lui ai dit qu’il est bien gentil, mais que je peux difficilement mieux faire, la balise GPS se trouvant dans la “capuche” du sac à dos !

Nous attaquons la section suivante, annoncée comme la plus sympa au niveau pilotage VTT. Sacrée bonne nouvelle, on attendait cela avec impatience ! En plus, il fait encore jour et les lumières de fin de journée sont superbes ! Malheureusement, lors d’une descente sur un single très sympa, la tige de selle télescopique de Gilles ne veut plus remonter. Tant pis, on continue comme ça. Traversée de champs, on échange par geste avec un berger et ses moutons, perplexe et amusé de nous voir ici. Fabien se demande si les épouvantails qu’il voit sont des « vrais gens » ou l’inverse (c’était bien des épouvantails !).

Une des balises suivantes est positionnée au milieu d’un lac d’un bleu éclatant. Strip tease express et je plonge dans le lac pour aller poinçonner. Malheureusement pour le reste de l’équipe, un selfie est obligatoire sur cette balise, il faudra donc se mouiller !

Aller-retour express (avec un coéquipier nudiste dans l’équipe, à vous de deviner qui…), mais des sangsues en ont profité pour se coller un peu partout… sur les fesses, sous les aisselles… miam ! Allez, pas le temps de trainer, surtout qu’après le tige de selle et les sangsues, c’est mon porte carte VTT qui cède, il est temps que cette mauvaise spirale cesse d’autant que la nuit tombe et nous arrivons finalement à Knin, sur un rythme qui diminue petit à petit.

Section 10 : Trek CO Château fort – 4 km ; +/- 150 m

La transition n’est pas très efficace, nous croisons les 400 Team qui repartent déjà de la CO… nous sommes désormais bien seuls au monde ! La CO dans la forteresse est assez pénible, nous mettons du temps à trouver la balise B, mais heureusement on bascule dans le château fort ou c’est plus ludique. (note : revenir avec les enfants !). Etienne nous déniche les balises plutôt rapidement. Avant de repartir, on repère un petit resto qui nous prépare des sandwichs maison délicieux ! Ca fait toujours un peu de bien à l’estomac… et au moral !

Fin de cette section, réunion d’équipe : que fait-on ? Le rythme a baissé, les transitions prennent plus de temps, on est beaucoup moins dans le rythme de course. Unanimement, nous décidons de nous rebooster et de tenter de reprendre notre rythme initial.

Section 11 : VTT – 41 km ; + 250 m / – 100 m

Section qui s’appelle selon l’orga “easy on the legs” mais pas du tout easy pour les fesses. D’abord une montée sèche sur la route puis une piste caillouteuse qui tappe, toute plate. Très vite, sur le plateau, on perd notre énergie et tout le monde se dort dessus. Etienne lâche un peu plus tard : “heu, j’ai dû m’endormir, je sais plus où on en est”. La traversée du village suivant aide à se recaler puis on s’endort au bord de la route pour 1h de sieste réparatrice. Rien de mieux qu’un petit lit de cailloux pour une bonne nuit !

Comme toujours le réveil est glacial mais on se réchauffe vite sur les vélos. Le rythme n’est pas mauvais et on arrive rapidement à la transition pour la via ferrata. Moi je commence à avoir bien mal aux fesses et je découvre que j’ai deux ampoules en formation à la jonction avec la selle… bon c’est pas très glamour mais surtout je me demande comment je vais faire pour rouler encore 90 km sachant que ça ne peut qu’empirer…. ça m’apprendra à rouler sans cuissards ! et la nok, souvenez-vous, c’est la vie…

Section 12 : Trek Via Ferrata – 5 km ; +/- 200 m

Absolu est entrain de dormir. Ils sont impressionnant de maîtrise, après un départ difficile (coups de chauds?), ils poursuivent leur chemin en prenant le temps de dormir toutes les nuits, et remonteront finalement à la 5ème place, 4h30 devant nous ! 

Les pieds douloureux, on met les baskets et les baudriers pour ce trek/via ferrata. Il s’agit de rejoindre un canyon puis de le suivre en marchant sur une vire équipée de câbles. Rien de méchant, mais ça nous paraît bien long (il fait nuit – on ne voit pas grand chose). Petite hésitation à la sortie du canyon mais on rejoint rapidement l’AT pour repartir en vélo. 

On tombe alors sur les suédois qui nous demandent gentiment de leur prêter nos baudriers. Huhu, drôle d’idée de vouloir partir en via ferrata sans équipement et en chaussure de vélo 😉 On leur prête bien évidemment notre équipement (sauf les chaussures) en échange d’une bière à l’arrivée !

Section 13 : VTT – 25 km ; +/- 400 m

VTT de transition assez rapide, mise à part quelques minutes d’arrêt pour :

  • Fabien qui laisse tomber de son sac, à une vitesse de 50 km/h environ, juste en fin de descente et au pied d’une remontée route bien sèche, le tube de pastilles de sels,
  • et que Gilles-MacGiver en profite pour s’arrêter bricoler sa tige de selle qui reste en position basse : à l’aide d’un bâton pour faire tuteur, d’une lanière pour le maintenir et d’une chaussette pour protéger le cadre (neuf) de son vélo et le voilà reparti comme en 40 ! ou plutôt comme en 90 car ce vélo nous fait passer par une balise posée sur un tank de la guerre yougoslave (selfie!).

Et découverte du « perfect circle » annoncé par l’orga, pas mal :

Section 14 : Trek – 18 km ; + 400 m / – 600 m

Et c’est revigorés par un beignet offert par un bénévole qu’on se lance dans ce dernier trek. Si tout se passe bien, ce soir on dort dans un lit !

En plus ça commence bien car pour une fois les chemins cartés existent vraiment ! Cela nous empêche pas de se rayer un peu les jambes lors d’une coupe. C’est alors qu’on rentre dans le parc national de Krka où un bar propose sandwichs et crêpes. S’en suit une grosse séance de shooting avec le photographe trop content de nous voir ici, et nous trop contents d’être là, la rivière et ses petites chutes d’eau est magique (Note : revenir ici absolument ! on vous promet les photos dès que l’orga les envoie…)

Il nous laisse lorsque le chemin remonte en plein caniard. Ouch quelle chaleur ! Pour une fois j’arrive à suivre la carte avec Étienne et profites de ce trek malgré une forte chaleur sur le plateaux….La baignade à l’arrivée est la bienvenue. Les pieds n’en peuvent plus. Heureusement, le trek c’est fini !

Section 15 : VTT – 55 km ; +/- 700 m

Allé, c’est reparti pour un dernier VTT. Pas mal de route pour commencer. On s’arrête dans la descente demander de l’eau à l’habitant. Une mamie bien gentille, qui parle fort bien anglais nous offre ce ravitaillement et petite discussion sur l’histoire de la Croatie. 

On est quand même un peu fatigués, et les raidillons sur la route ne suffisent pas à nous réveiller, au contraire. Les impressions de déjà vu se multiplient. “Ce village on y est déjà passé” “regardez, c’est le lac du 2ème kayak !” alors que pas du tout. 

Simplement ça fait 4 jours qu’on pédale, qu’on a dormi que 2h et qu’il fait super chaud.
Maëlle en oublie même de manger, ou joue à la fourmi en ayant gardé précieusement son sandwich “pour plus tard”. Et surtout j’ai mal aux fesses, impossible de s’assoir correctement sur cette selle et d’y appuyer pour de vrai, sur les pédales… Fabien veut me faire ingurgiter un anti-inflammatoire mais il finit par comprendre que ce n’est pas la bonne solution. Bilan : elle se retrouve dans le dur et il faut la gronder pour qu’on s’arrête à l’ombre et qu’on mange un morceau.

Ca va un peu mieux, mais la suite ne va pas nous aider à sortir de cette torpeur. Une quinzaine de km interminables de faux plat montant sur piste en ligne droite nous attend. Les absences se multiplient. Gilles : “hey les gars, d’un coup je me suis retrouvé tout seul ! Fabien : “C’est marrant, je ne me souviens pas que je te suivais. Maëlle n’en peut plus du mal de fesses et de cette montée soporifique et interminable et le cercle vicieux du faux rythme se met en place. Je me décide alors (un peu tard?) à prendre le sac de Maëlle et à la tracter, espérant relancer toute la troupe ça fonctionne à moitié, Gilles et Fabien luttant contre leur somnolence. On parvient quand même au dernier sommet de cette aventure, un joli point de vue où nous serons filmés et photographiés une dernière fois. On prend le temps d’un coca et d’une bouteille d’eau au bar (détail qui aura son importance pour la suite), puis c’est parti pour une belle descente VTT. Gilles et Fabien s’éclatent sur leur nouveau vélo. ça fait plaisir 🙂 

Section 16 : Liaison trek 1 km

Transition pour rejoindre nos kayaks, on discute avec les bénévoles, on se refile nos sachets bjorg (on ne veut plus en manger, vivement les pizzas…), on prépare tranquillos les cialumes juste avant la tombée de la nuit. Bref, on prend notre temps, plus qu’une section à faire, rien de particulier (croit-on), on est tout seul (croit-on), donc on profite !

Section 17 : Kayak – 14 km

Last but not least, 3 à 5h (annoncées) de kayak  nous attendent. Le coucher de soleil est magique, le lever de lune encore plus.

Lors des derniers kayaks, l’équipage Gilles et Fabien était à la peine pour suivre Maëlle et Etienne. On décide alors de tenter d’attacher les premiers sur les deuxièmes (enfin, ça dépend dans quel sens on compte). Laisse trop longue ? impossible, le 2ème bateau fait dériver le premier. Laisse trop courte ? ça marche ! mais il ne faut pas trop pagayer derrière sous peine de pousser le premier bateau et de le faire tourner. Menfin, ça c’est l’excuse pour se la couler douce, non ? Le rythme semble satisfaisant. Puis c’est sécurisant de rester bien ensemble la nuit au milieu de la mer. C’est donc un bateau accroché dans la vague ce celui de devant que notre équipage s’en va boucler cette aventure. 

La navigation de nuit n’est pas évidente et la vitesse de progression trompeuse (le temps moyen pour cette section est de 2h30 finalement). Cette île, c’est laquelle, et celle là ? non c’est pas possible, on est déjà là ? Cette lumière, là, c’est au 1er ou 2nd plan, et c’est un bateau ou un phare ? Bref, on est bien calé en passant le détroit à 6/7km du départ. Mais 30min plus tard c’est le doute. La nuit on voit plein de lumière le long des côtes alors que sur la carte au 1:50000 seules les agglomérations sont faciles à repérer. Pourtant on devrait être bien là ! Le doute l’emportant, on décide de prendre le temps (10 min) pour aller sur une plage demander confirmation (et non pas prendre une pizza). Le temps (10 min) pour Fabien d’enfiler son kway et on repart. Le temps surtout pour les suédois d’Uppsala de nous passer devant, pagayant bien plus vite que nous. Partis 40 min derrière nous au kayak, ils arriveront 10 min devant. C’est ce qu’on appelle une leçon ! C’est donc un petit peu amère qu’on arrive sur la plage à l’arrivée, 9e place, qu’on trinque avec l’orga et les suédois – les mêmes à qui on avait prêté les baudriers, les traîtres ;), qui nous avouent alors nous avoir pris en chasse derrière notre prêt de matos, ce qu’on était loin de soupçonner… Quelques bouts de pizzas et vite, au lit.

Arrivée !

Quoiqu’il en soit, notre objectif 1er c’était de finir la course le vendredi soir en full race, Objectif atteint ! Franches rigolades et grande cohésion. 1er raid avec Gilles, au top…

Souvenirs des balises photos : La mission, arriver à être tous les 4 sur la photo et avec le n° de balise en prime. 

Retour au camping pour une 1ère nuit salvatrice… interrompue à 1h30 par le réveil de Fabien (en vrai c’est pour ça qu’on l’aime, comme quand il sème tel le petit poucet le matos de son sac) D’ailleurs, Etienne se lève et me jette la montre dessus d’énervement^^. Alors que moi j’étais déjà tellement loin dans mon sommeil que je n’ai rien entenduLendemain, on lit tous vos messages… Sacrée source de motivation  que de vous savoir derrière nous, pour avancer dans les moments durs, merci !

Ptit dej gargantuesque, lessives, rangement, sieste, baignades, débrief avec les copains des autres équipes, dernière baignade, que c’est beau !

Je fais cette petite photo des gars qui plongent (on la recadrera plus tard hein), Fabien passe à côté de moi l’air de rien mais bon, je commence à le connaître, m’attrape et me pousse à l’eau, juste le temps de jeter mon téléphone sur le ponton… ouf ! Une magnifique action d’avoir réussi à viser le ponton !! J’en rigole encore…

Puis cérémonie de clôture. Les Suédois qui nous avaient doublés prennent une pénalité de 2h pour absence de lampe strob et de couteau aux vérifs matos ce qui nous permet de retrouver la 8e place…

Et chapeau bas pour l’orga de l’ARC, du beau boulot en tous les cas, on vous recommande !

Les souvenirs reviennent progressivement, souvenirs, qui, comme pour chaque raid long, promettent une saveur si particulière et durable… Images, paysages, chemin parcouru… L’Aventure en Equipe…

Puis 2e nuit complète avant le raid après le raid, retour voiture, 13h (ça fait gonfler les pieds, un vrai Hobbit), il fallait au moins ça pour digérer le raid… Frontière : on dégaine nos 4 T shirts du raid et 4 sourires immenses, ça passe à l’aise.

Retrouvailles avec les filles, quel bonheur ! Merci à nos parents, on vous fait tellement courir, traverser la France dans tous les sens pour gérer les relais de garde pour qu’on puisse se faire des vacances entre copains… merci !

La fin d’un raid, c’est un œil qui rit, un œil qui pleure… vivement le prochain !…

… et pour la petite anecdote, une semaine après notre retour, Etienne reçoit un appel d’UPS, pour la réception d’un colis. Pourtant, aucune commande récente… il ouvre le colis… rempli de chocolats… Allez, excuses accordées les Uppsala, promis, la prochaine fois, on vous prêtera nos baudars, mais comptez-sur nous pour envoyer les watts derrière…

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