RIF 2018 – 1ère partie

“La Bim Bim lé là !”

Par la BimBimTeam, avec les commentaires de Maëlle, Rémy, Joseph, Etienne

Nous voilà à nouveau bien installés à 10km d’altitude, volant à près de 1000 km/h. Quel contraste par rapport à ce qu’on vient de vivre durant une semaine, grappillant le dénivelé mètre après mètre, à une ridicule allure moyenne de 2.68 km/h. Les yeux n’ont pas de mal à se fermer, et l’esprit prend enfin le temps de digérer ce qu’on vient de vivre. Je ne sais plus si l’aventure a commencé mercredi dernier une fois lâchés dans la jungle au dessus d’Hell-Bourg, ou il y a 15 jours en chargeant les caisses à vélo et les valises qui explosent sous leur poids dans le TGV-Air, ou même il y a 9 mois quand on prend l’étrange décision de s’inscrire au RIF 2018 – destination la Réunion ! Ce qui est sûr, c’est qu’on vient de vivre une aventure extraordinaire. Alors merci à tous ceux qui nous ont permis de faire ça, merci pour votre aide et vos soutiens ! Et merci à la famille du Raid In France pour cette organisation exceptionnelle !

DépartVoyagepréparation course

Nous voilà donc partis, quittant la métropole, chargés chacun d’une caisse à vélo de 20 kg et d’au moins une valise de 25kg, et un sac cabine ++, soit 2 packrafts, 1 pompe, 5 pagaies, 4 vélos, 1 pneu de rechange, 56 sachets repas, 3kg de graines, 1kg de bonbons, 1 paquet de vêtements techniques, 1 maillot de bain chacun et j’en passe…

Dès la gare Part Dieu, on est accueillis par Jean-Michel, bénévole qui passera un bon bout de cette aventure avec nous, puis rapidement entourés de nombreux autres bénévoles (dont Béatrice de la food team – on en reparlera 😉 ) et d’autres équipes, belle ambiance ! A Paris, on retrouve Jean-Luc, le papa de Rémy, qui sera notre précieux assistant/reporter/HATF (Homme À Tout Faire) durant ces 2 semaines. C’est un peu la bataille pour le TGV (il faut imaginer 5 équipes donc 20 caisses à vélos hors gabarit à charger dans un train de voyageur pendant les 2 minutes d’arrêt) ; puis l’enregistrement des bagages pour l’avion se passe étrangement bien (merci l’indulgence de nos interlocuteurs d’Air Austral à la pesée !).

Dans l’avion, Etienne Joseph et Maëlle sont assis juste derrière Gilles Lelièvre, star incontournable du canoë français, ancien raideur de haut niveau, bénévole traceur sur ce RIF, et surtout un sourire permanent et une gentillesse incroyable, on se croisera souvent lors de ce RIF et ce sera toujours un bon boost pour le moral ! On discute donc RIF et kayak, et on comprend tout de suite qu’on ne sera pas déçus sur les sections aquatiques… et que ça promet d’être sportif ! Rémy est quant à lui à côté de Jean-Michel ; donc on est bien entourés…

On se retrouve très vite à St Denis de la Réunion, accueillis par les bénévoles du RIF qui nous prennent en charge pour nous amener au camp de base à St Gilles. Grosse efficacité de l’orga, à peine sortis de l’avion on est déjà assis dans un bus, les vélos chargés dans un camion. Une fois arrivés Maëlle et Rémy insistent pour valider au plus vite les vérifications techniques (matériel, cordes, médecin etc.). Ils ont raison, ça nous permet d’être plus sereins tout de suite pour préparer la nourriture et profiter de la plage d’ici le briefing mardi soir. Les vérifs matos sont fastidieuses, mais finalement validées malgré un gros moment de doute sur nos bivy bag (sac de couchage de survie) achetés pour l’occasion. Ils sont en effet fort légers, mais répondent pile poil aux spécifications de la liste matos obligatoire (après vérification internet…). Le test cordes est une formalité de notre côté, et le check pharmacie nous permet de rencontrer Lise, la jeune médecin qu’on recroisera le long du parcours.

Le climat est ma foi bien agréable ici 🙂 Les nuages s’accrochent rapidement aux montagnes, mais le soleil et la douceur sont bien appréciés au camp de base. Dommage qu’il faille attendre encore quelques jours avant de goûter au Ti-punch 😉 En attendant on met en place une routine lever, baignade, ptit dej, prépa course, sieste. Sympa ! On reçoit même la visite de Corentin, ami et collègue en vacances sur place, qui nous briefe sur les conditions des chemins en montagne.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Grosse étape de la préparation : compléter notre nourriture pour le raid, alors on part faire des courses au Score (le supermarché local, dont le nom a sûrement été créé par un orienteur). On croise de nombreuses équipes qui font de même, l’occasion de faire de l’espionnage industriel sur ce qui nourrit les concurrents (dont les néo-zélandais !). C’est souvent sans surprise, coca, chips, gâteaux. Comme prévu la Réunion offre tout ce qu’on peut trouver en métropole, crème de marron, pom’potes…etc. Mais en terme de budget, on a quand même très bien fait de ramener 80% de notre nourriture (sachets bio de riz/ravioli/boulgour, graines, barres).

Un petit tour de vélo pour aller saluer nos amis de Roc Mecojit (merci encore pour les sachets sous vide !), on croise au passage les FMR qui rentrent d’un tour de VTT, laissant sur la route des traînées de liquide anticrevaison… ça nous effraie un peu et on file à St-Gilles  acheter une chambre à air de plus et remettre du préventif dans les pneus.

Mardi 18h : briefing. La BimBim est stratégiquement placée derrière Avaya (ndlr : les favoris néo-zélandais), pas pour écouter leur stratégie, mais plutôt pour échapper au soleil de plomb qui assomme l’assemblée. Ça a l’air plutôt pénible d’être un favori car ils ont des objectifs braqués en permanence sur eux.

On découvre un parcours qui devrait tenir toutes ses promesses. Notamment un premier trek de 2 jours / 110km, annoncé en 40-60h, lors duquel il faudra préserver ses pieds. On a du mal à concevoir cette distance et cette durée pour la première section (il y a 2 semaines sur le Trail Bourbon, Corentin a mis seulement 20h pour parcourir cette distance…). Mais une fois derrière nous le reste du parcours devrait plutôt nous convenir avec notamment la confirmation d’une descente finale du Maïdo en VTT (on n’allait quand même pas manquer ça !).

On se dépêche de rentrer à la tente finir les préparatifs et se reposer. Il faudra tout donner à l’organisation demain 11h.

Mercredi matin : c’est l’effervescence au camp de base. Il faut tout répartir, nourriture, vêtements de rechange, matériel technique, etc… dans 3 caisses qu’on retrouvera à différents points de parcours. On est large sur le poids, on retourne au supermarché acheter quelques goodies de plus. Une fois les caisses pesées et confiées à l’orga, direction les bus qui nous emmènent fissa à Hell-Bourg, lieu du grand départ. C’est aussi à ce moment que Jean-Luc troque sa casquette d’assistant logistique pour celle de bénévole de l’organisation.

Bilan : cette phase de préparation s’est déroulée de façon très sereine ! On avait anticipé pas mal de choses, ce qui nous a permis de ne jamais être dans le rush, et de profiter un minimum du camping et de la plage. Quelle différence par rapport à la panique du RIF 2012, on était si jeunes 🙂

Prologue

Étrange silence dans le bus, où à mesure qu’on s’enfonce dans le cirque de Salazie chacun observe béat les parois végétales verticales dont on aperçoit à peine le sommet et les cascades qui jaillissent au fond des vallons. L’atmosphère se réchauffe à la sortie du bus, où Lucille nous accueille pour l’épreuve du “kours la rou”. Première épreuve de ce raid, un relais dans les rues du village où nous devrons pousser un pneu de voiture avec des bâtons. Les enfants ont décoré leur roue de plein de couleurs, et ils nous amènent parader dans les rues, chacun derrière le drapeau national de l’équipe. On prépare la course : Lucille nous explique la technique dite de Mayotte, où les bâtons sont tenus au creux du pneu par un fond de bouteille en plastique. Ca aide dans les virages, et le coefficient de frottement des bâtons dans le pneu est amélioré, d’autant plus qu’on ajoute un peu de liquide vaisselle. Bref : on est confiants 🙂 Mais le jury est sévère et invalide cette technique. Tant pis. Etienne se lance à fond sur son relai, passe la roue à Maëlle qu’il réussit difficilement à suivre. Rémy enchaîne avec une section technique comportant une série d’escaliers qu’il avale facilement avec une technique de blocage / relâche mûrie suite à l’observation des équipes précédentes. Reste un virage à négocier pour Joseph et le sprint final pour Lucille. La BimBim peine à suivre sa jeune recrue ! D’abord annoncés 5ème, le résultats sont corrigés pour nous monter à la 3ème place ! La BimBim lé la ! Béatrice la bénévole vient me voir : “Je vous préviens, je vais vous suivre et je serai là à l’arrivée, alors tu dis à tes gars, quand vous êtes fatigués, faut continuer !!”

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Repas du soir fourni par l’orga, spécialités locales poulet boucané / gâteau patates, on se régale, puis courte nuit en commun dans un gymnase (du style : pas facile de trouver le sommeil alors qu’à côté ils ronflent !).

SECTION A – Trek / 106 km / 7 620m D+ / 8 140 m D-

Finir 3ème du prologue implique certaines responsabilités : partir en 3ème position, 30sec. derrière les 2èmes, 1min après les 1ers. Ca râle un peu chez les favoris car certains partiront plus de 20min derrière…  la voix de Pascal Bahuaud tonne : “Equipe 35 – Bim Bim Team”

6:01:30 – 3,2,1 c’est parti ! A grandes foulées pour la photo, on s’élance chercher les cartes un peu plus loin. On prend notre temps, 2 minutes pour partir dans la bonne direction. On part à bon rythme, direction un canyon sauvage (ouvert au coupe-coupe par l’organisation), c’est la jungle : Bienvenue au RIF !

 

Alors qu’on suivait un groupe de plusieurs équipes (dont DSN74 HOKA) Etienne choisit une alternative pour trouver l’entrée du canyon, rejoindre un col évident devrait nous mettre à l’aplomb du vallon à rejoindre. Manque de bol, ça passe moins facilement, on se retrouve face à la réputation de la Réunion : la végétation est infranchissable si on ne choisit pas l’itinéraire optimal. On perd quelques minutes pour trouver une passe, juste de quoi se retrouver derrière pas mal d’équipes et bouchonner un peu plus longtemps aux rappels… La route est longue, cela nous permet de poser le rythme.

Pour se remettre dans l’ambiance : on est en train de progresser dans une jungle épaisse, des feuilles type bananiers énormes, et l’itinéraire est entrecoupé de quelques jolis rappels avec arrivée pieds dans l’eau.

On se remet en marche pour rejoindre Aurère (en temps et en heure) et le cirque de Mafate. On marche un peu le temps que les chaussures sèchent un minimum, puis changement de chaussettes avec première d’une des nombreuses pauses Nok (crème anti-frottement). Lozère Team2Raid et Transdev nous doublent. C’est sympa de faire quelques kilomètres avec une top team comme Lozère. On s’accroche sans s’accrocher, le rythme est déjà bon. Les sentiers sont superbes, les points de vue exceptionnels. Dommage que quelques nuages couvrent déjà les hauteurs. Après le CP d’Aurère, le prochain point de passage obligé est le col du Taïbit, soit plus de 7h de marche plus loin. Deux options sont possibles, par le haut et la rive droite ou par le bas et la rive gauche. On prendra la 2ème option, difficile de dire même à posteriori quelle était la meilleure, les équipes se répartissant sur les deux itinéraires. Dans tous les cas, notre option est jolie, et le rythme reste bon. On croise quelques équipes avec des états de formes variables : Agde (en difficulté, ils abandonneront bientôt), l’équipe familiale d’Outdoor de Coeur, les Polonais… On recroise une dernière fois Lozère qui se sont remis pour de bon. “Allez, donnez tout, on veut plus vous voir !”. On ne les reverra plus, ils termineront à une belle 6ème place. On prend fréquemment le temps de bichonner les pieds, de manger, rien ne presse pour cette première étape qui ne fait que commencer.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La nuit venue, on s’arrête quelques instants au gîte de Marla, très bien accueillis par le tenancier qui nous offre les reste de pain (trop bon 🙂 car on commence déjà à saturer des sachets ou des graines ce qu’on a amenés… (perso j’ai kiffé les graines tout le long du raid 🙂 ). Après une descente vertigineuse en long enchaînement de hautes marches qui passe plutôt bien, Etienne demande ensuite à s’arrêter 2h au CP3, prendre des premières heures de repos avec l’espoir que son estomac se remette d’aplomb. Le repos n’est pas d’une grande qualité (surtout pour Joseph, point qui aura son importance un peu plus tard), il fait froid, humide, et on n’aura que des rochers en guise de matelas. Mais le jour qui pointe son nez va nous revigorer.

L’orga nous propose un rappel en fil d’araignée magnifique, 80m les pieds dans le vide avec arrivée dans la rivière. Plouf, il est 5:00 du mat, on est trempés. Ha oui c’est vrai, j’avais oublié qu’au RIF dans les sections de trek y a souvent de la natation... On suit le lit de la rivière pour sortir, et là on se retourne pour voir d’où l’on vient… pause… la rivière chemine au pied de ce canyon aux falaises marbrées… paysage qui marque…

 

L’esprit RIF est bien là ! Direction le CP4 à Cilaos, timing parfait pour profiter de l’ouverture de la boulangerie. On croise des têtes connues, les TUC, Nantes et Arverne… Et on enchaine ensuite sur la montée la plus raide du monde (apparemment faite en descente à la Diagonale des fous) ! Malheureusement, le timing bon pour la boulange n’est pas bon pour le paysage. On se retrouve dans les nuages à l’approche du sommet du Piton des Neiges. On laisse les sandwichs achetés à Cilaos au refuge avant l’aller-retour au sommet. Fin d’ascension difficile pour moi, instants de doute sur cette épreuve dantesque, il reste tant à parcourir ! et comment vont survivre nos pieds et muscles à cette descente sans fin qui s’annonce ?

Toutefois, au sommet, vers 13h, c’est quand même un beau jalon qui est franchi. 3000m d’altitude, presque tout le dénivelé positif (7500m !) de cette section est avalé. On est accueilli par la journaliste d’Expedition Africa dont l’enthousiasme fait chaud au cœur, et on est rejoint par les jeunes equatoriens de Movistar.

A notre retour, les sandwiches réservés pour cet instant ont disparus ! Coup dur pour la Bim Bim. Ça a l’air plutôt accessoire, mais il faut se remettre dans le contexte : de la nourriture fraîche qu’on s’est fait miroiter pendant tout l’aller-retour au Piton qui disparaît, ça met un bon coup au moral ! Rémy interroge tous les passants, le gardien du gîte et le bénévole du CP, quand Etienne fouille la poubelle et les retrouve (intacts) tout au fond…  On peut repartir, l’estomac satisfait, pour la descente vers la forêt de Bélouve (on note au passage la siouxitude de l’orga qui ne fait pas juxtaposer les cartes 1 et 2…). Le chemin est technique, mais la BimBim lé la. La descente dans les gros cailloux puis des passerelles en bois devient même très ludique ! Petit détour par le gîte de Bélouve pour ravitailler en eau. C’est bien calé ici, on serait bien resté boire une dodo en terrasse et passer la nuit !

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Puis la nuit approchant, on se lance dans la montée verticale vers la plaine des Lianes : un enchaînement d’échelles et de crapahute en s’accrochant aux racines. Jamais vu un truc en forêt aussi raide moi, on se sert littéralement des racines comme d’échelon. Un genre de via xylota. Ca nous plait ! S’ensuit un cheminement dans la végétation tropicale dense, ce qui nous maintient mouillés mais éveillés. Franchement ce passage est hyper relou, et loooong (moi j’aime bien) : forêt primaire, on enjambe un arbre en travers, on passe sous un arbre en travers, on se prend une branche dans la tête, on glisse dans la boue, on se prend une branche dans les côtes…etc. Après environ 6h de progression laborieuse, on débouche sur une piste. “Gite de Bélouve 11h” indique le panneau en sens inverse. Ce petit bout de piste nous assoupit et nous vaut un petit aller-retour bonus, puis c’est l’arrivée à l’AT1 au milieu des champs de cannes. Etienne peste car l’AT est au milieu d’une propriété privée qu’on n’ose pas traverser de nuit… On finit par apercevoir la tente bénévole providentielle, alors que les premières équipes repartent groupées pour la section packraft suivante (certaines sont là depuis plus de 7h…). La Bim Bim n’enchaîne pas et profitera sagement de 3h de sommeil, non sans avoir fait la transition (préparation des affaires de rivière) avec une lucidité très perfectible. On a une belle marge de progression sur nos transitions !

Il est 2h du mat’, deuxième nuit sur le RIF, une énorme étape est validée, plus de 100km de trek DUR, les pieds, les cuisses et le mental sont bien entamés. On n’exulte pas : il reste du chemin !

SECTION B – Packraft (+ cordes) / 45km / 710 m D+ / 1 370 m D-

Réveil par une fine pluie. On s’équipe rapidos et on se dirige vers les rappels qui nous mèneront au départ Packraft. Le rappel arrive (encore une fois) au milieu d’une vasque où il faudra nager : réveil efficace ! On retrouve Movistar et Arverne. Ça papote à l’avant, on loupe l’embarcadère ce qui nous vaut un petit A/R gratuit… Les équipes rivalisent au gonflage PackRaft. Arverne gonfle au sac, nous à la pompe. Timing équivalent mais notre choix ne sollicite qu’une personne (ils sont au moins 2 à gonfler chez Arverne), ce qui laisse le temps aux autres de se préparer en étant moins pressés. On embarque en même temps sur la Rivière du Mât que le manque d’eau rend complexe à naviguer, mais tout à fait ludique ! Je me régale sur cette section, et quand il n’y a pas assez d’eau je passe les rapides toute seule à bord, pratique…  Il faut souvent descendre, pousser, porter… Le packraft en prend un coup et on déplore une ouverture dans un boudin et des petits trous dans le fond. Pas de panique, on sort notre scotch T-Rex, le 1er collage ne sera pas le bon mais on ne s’en sortira pas si mal. On se rapproche tout de même assez vite de la mer, en croisant les pêcheurs de Bichique (“kaviar local” qu’ils nous disent).

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Petite pause sous le zénith le temps de dégonfler et préparer les pieds à la marche. On trouve quelques samoussas pour le pique-nique et alors que Maëlle tchatche avec Béa d’Endorphinmag, les gars regonflent les Packrafts pour remonter la rivière des Roches. On a peur d’une partie galère mais finalement c’est assez judicieux, avec des bonnes portions Pack (portage par delà les rapides sur les cailloux glissants (merci les gars pour le portage !) et Raft (pagayer sur les zones d’eau calme, dans lesquelles on croisera plusieurs personnes avec masque et tuba, en mode pêche). Tout ça débouche sur la cascade de la Paix… pause… majestueux ! La rivière a dessiné dans la roche une large anse et s’écoule dans un impressionnant rideau d’eau… (comment ça j’aime bien les rivières ?), où les touristes s’amusent à discuter avec nous tandis qu’on plie les affaires et prépare les pieds pour une bonne promenade.

Raconté comme ça on dirait que c’était les vacances, mais moi elle m’a un peu rincé cette section, sauter de caillou en caillou c’est rigolo, mais en portant un raft c’est pas la même. En plus au moment de déballer les affaires, je m’aperçois avec effroi que ma micro-doudoune (élément clé pour une bonne nuit dans le froid) a pris l’eau : elle devient un véritable poids mort inutile.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le début de la partie trek suit la rivière et laisse de bons points de vue sur les cascades et vastes bassines qui s’enchaînent. Etienne tente une trace raide++++ qui remonte sur le plateau d’Abondance. Sans en faire tout un fromage, on poursuit dans la bonne direction, sans être toujours très bien calés. La nuit n’aide pas à confirmer la position. Un journaliste en profite pour nous filmer alors qu’on croise les russes en sens inverse (et plutôt renfrognés). Moment de doute ? Sans plus, la balise se confirme juste un peu plus loin. En revanche, le RoadBook conseille de trouver un “wild track” qui rejoint la D53 plus au sud. Après 1h de jardinage, on se résout à faire le tour (comme les russes 1h30 plus tôt). A notre tour de croiser les équipes suivantes (Arverne et Absolu2 notamment) et de leur souhaiter bon courage…

Remontée sur la route. C’est pas bien marrant mais on peut manger, s’arrêter prendre de l’eau et des bananes chez l’habitant. A noter : nos sacs sont LOURDS. Bateaux, pagaies, pompe, baudriers & ferraille, nourriture en trop grande quantité, affaires mouillées. On approche des 15kg…

On arrive seuls au CP9, vers minuit, prenant nos aises et 4h de repos sous un kiosque. Le timing est respecté, nous savions que nous aurions à nous arrêter là en attendant le jour suivant pour se lancer dans la navigation suivante (interdite de nuit). Pour ma part je trouve le temps long : il fait trop froid (ma doudoune 😦 ), le sol est trop dur, je me repose 2 bonnes heures mais le reste n’est qu’un genre d’attente grelottante peu agréable.

Peu avant le lever du soleil, on émerge pour plonger sur la rivière des Marsouins, dans les gorges de Takamaka. La descente à pied est belle, raide et engagée. La pluie rajoute de l’ambiance. On s’accroche aux cordes à nœuds, sécurisant la chute de temps en temps avec nos longes. C’est vertigineux et tropical. On n’est pas déçu ! Les guides nous accueillent dans un rappel final avec humour et bonne humeur. Ils sont trop cools et n’ont pas une vie facile non plus, à poireauter pendant des jours entiers dans ces vasques humides au possible ! On serait bien descendus direct par la cascade, mais le guide nous explique qu’il aurait fallu enchainer 5 ou 6 rappels… Nous revoilà sur nos packrafts. La rivière est belle, l’ambiance dans les gorges superbe. Les rapides de classe 3 s’enchainent bien, impressionnant ! La navigation est toutefois plus technique et sportive. Et les bateaux se font remuer d’une force ! Robustes quand même ces ptits packrafts. On est alors content d’avoir nos écopes car on remplit les bateaux à chaque rapide.

 

On double les suisses sans les voir (ils auraient crevé un bateau et terminé à pied). La fin de la section est plus pénible avec pas assez d’eau pour progresser de façon fluide. Jean-Luc, qui aura passé 4 jours à la TA2 au titre de l’organisation, nous accueille à l’embouchure puis c’est la transition. On prend le temps de recharger les batteries (au propre comme au figuré), de tracer la carte de la section suivante, puis c’est reparti ! Balles neuves, on enfile une tenue toute propre (et sèche !) pour faire du vélo. On remplit nos estomacs avec tout ce qui traine dans nos caisses d’assistance : Pringles, coca, eau pétillantes, vache qui rit, rillettes de saumon.

 

Et tiens, on n’aurait pas déjà fait la moitié du déniv de la course ? c’est bon ça !

à suivre…

Lien vers la deuxième partie.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s