L’échappée belle : dans la démence de ce que belle donne

Samedi 24 août, 19h20 : accolade vibrante à Rémy, avec qui je viens de partager l’intégralité de la journée et sans qui je ne serais très probablement pas là. Les yeux sont rougis, soit par le fait d’avoir porté mes lentilles depuis près de 38h, soit par l’émotion qui ne m’a pas quitté de la journée, soit par un peu des deux. Les jambes sont lourdes, les pieds tachetés d’ampoules et le visage a bien du mal à cacher la fatigue générale. Nous voilà sous l’arche d’arrivée d’Aiguebelle, avec derrière nous le massif de Belledonne qui vient d’être traversé en intégralité.

149km, 11400m de D+, 37h15 de « course » pour près de 30 litres d’eau ingurgités et 1 kilo de perdu. L’échappée belle : l’aventure, plus belle, plus dure. C’est la devise de cet événement, dans laquelle – pour une fois – aucun terme n’est exagéré.

L’épopée a débuté 48h plus tôt lorsque Manu, inscrit avec moi, est passé me récupérer à Annecy.

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J-1 : le matériel au presque complet (manque les chaussures et bâtons!)

La dernière fois que nous nous sommes retrouvés dans cette situation, un bête oubli de baudrier nous a valu un détour avant le retrait des dossards. Je ne m’étonne donc pas lorsque Manu m’annonce qu’il n’a qu’une portion de repas du soir, ce qui nous vaut un détour au supermarché d’Aiguebelle pour m’offrir une préparation de riz au curry et un bon vieux pâté croûte d’apéritif.

Une présentation de pièce d’identité et un achat de stoots plus tard (t’inquiète pas Laure, c’est pour mes avant taf en ski de rando, pas pour de prochains ultra-trails ! Quoique…) nous voilà dans un petit parc à monter notre tente pour la courte nuit qui nous attend.

Coucher 21h, lever 2h30 avec quelques heures de sommeil au milieu. Pas pire. Un coup de navette plus tard nous voici à Vizille, point de départ de notre bambée. Il est 5h, il fait encore nuit noire et les discussions de comptoir ne vont pas bon train autour du café : on sent un mélange de concentration, d’appréhension et d’impatience dans l’assemblée.

Briefing à 5h50, le plus concis de l’histoire du trail : « météo, grand beau. Consignes de course : gestion, gestion et gestion. » Ok, au moins on ne va pas s’embarrasser l’esprit de trop d’indications !

On nous annonce ensuite une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise c’est que la moitié d’entre nous va abandonner (ça tombe bien pour moi, statistiquement Manu va me sauver la mise ^^), la bonne c’est que l’autre moitié pourra sonner la cloche à Aiguebelle (wouha, sacrée bonne nouvelle). Sur ces mots semi-motivants et après une tournée d’applaudissements pour les bénévoles, qui les mériteront plus que largement tant ils ont été attentionnés, dévoués et souriants tout au long du parcours, nous voilà à décompter le 10, 9,… partez ! Ici pas de musique de champions du monde, ni d’envolées lyriques du speaker nous comparant à des demi-dieux. Ici c’est simple et efficace : tu t’es inscrit, t’as une chance sur deux de terminer, à toi de jouer gamin.

Vizille > Chamrousse

Section montante mais roulante. On adopte un bon rythme avec Manu (c’est à dire qu’on se « force » à marcher dès qu’on est plus dans du faux plat). Ma cheville, victime d’une bonne entorse 2 mois plus tôt, me rassure et ne se montre pas douloureuse.

Grosse ambiance à l’arrivée au premier ravito, avec de nombreuses familles déjà en place. Je fais littéralement nimp’ de mon côté, en oubliant le bouchon de mon camel à un endroit et en laissant traîner mes bâtons à l’autre, puis en renversant la moitié du camel en essayant d’y intégrer les fameuses pastilles permettant de faciliter l’assimilation de l’eau. Allez mec, concentré, c’est pas oui oui au pays des fées là.

Chamrousse > Refuge de la Pra

Dans mes gesticulations j’en ai perdu la trace de Manu. Je repars donc du ravito en le cherchant vainement des yeux. Pas d’idée de si il est devant ou derrière moi. Le bougre avait vu juste en me disant que quoiqu’il en soit on ne ferait pas plus que la première montée ensemble. J’ai espoir de le retrouver éventuellement pour la section de nuit, mais il abandonnera finalement au Pleynet pour cause de genou douloureux.

Petit coup à l’orgueil lorsque des enfants m’annoncent ma 105ème place. J’avais l’impression d’avoir eu un bon rythme sur cette première montée, et me voilà finalement assez éloigné du top 50 semi-secrètement visé. C’est un mal pour un bien, puisque je ne ferai que doubler du monde sur cette première journée.

Cette deuxième section reste assez roulante, et le paysage est magnifique. Et j’ai la mémoire trop embuée pour ajouter d’autres choses que ces banalités !

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Montée au-dessus des lacs Robert. Pas de remarque sur la casquette svp 🙂

Dès les premiers rayons de soleil, j’arbore fièrement casquette à simple visière (qui a parlé de style?!) pour éviter la surchauffe. Au refuge je débute mon régime à base de soupe, avec un potage aux légumes qui augure le meilleur pour le niveau culinaire de la suite 🙂

Refuge de la Pra > refuge Jean Collet

C’est possiblement la section que je connais le mieux, du fait de mes venues en ski de rando en hiver. C’est aussi une section démente côté panoramas. Lacs des doménon, croix de Belledonne (touchée!), glacier de Freydane, lac blanc. Tout est somptueux. Les sentiers deviennent techniques, les jambes carburent en montée mais je ménage ma cheville et mes cuisses en descente, et me refait pas mal doubler dans ces sections là. Stratégie frustrante mais assumée.

Arrivée à Jean Collet un bénévole m’indique l’heure (pas de montre de mon côté, je cours à la sensation!) : il est bientôt 13h, je suis en avance sur mon tableau de marche.

Refuge Jean Collet > Habert d’Aiguebelle

Prochain ravito à 9km. « Mouarf, easy, dans 1h j’y suis ». Tu rêves mon gars, on est dans Belledonne là ! Quand le litre et demi d’eau contenu dans mon camel a été entièrement siroté après 5km, je commence à me faire à l’idée que les km vont être compte double ou triple pour le reste de la promenade !

J’ai encore la fraîcheur pour me mettre des images plein les yeux. Là un chamois, là un autre, là-bas le barrage de grand maison. J’apprécie la technicité des sentiers, les sauts de bloc en bloc et les promeneurs qui s’exclament à voix à demi cachée « wouha, t’as vu les cuisses de celui-là » ^^

Côté nutrition j’ai peu envie de salé, hormis les soupes des ravito, et me nourris de pom’potes marron-pommes, de snickers et de grany mou. Ça fait le taf. Mais c’est dimensionné plutôt serré jusqu’au Pleynet !

Malgré quelques lampées dans des ruisseaux, j’arrive au Habert relativement assoiffé. Note pour plus tard : ne pas hésiter à remplir le camel dans les cours d’eau entre les ravitos (en plus, c’est un peu mon kif ultime).

Habert d’Aiguebelle > le Pleynet

On continue dans le registre du magnifique avec du sentier alpin et les lacs des 7 laux que j’atteins avec les dernières lueurs de la journée. Fabien (non, pas moi en dédoublement de personnalité, mais M. Masson qui a fait/déchiré l’EB en 2018) m’avait prévenu : tout le monde dit que la portion entre les lacs des 7 laux et le pleynet est interminable, mais en fait elle est certes longue mais super roulante, c’est un régal !

Régal quand on a sa caisse, peut être, mais moi je la classerai volontiers dans la catégorie « interminable » ! Car une fois le charme de chacun des 5 lacs passé, il reste encore 9km de sentier assez casse-pattes pour rejoindre la base vie du Pleynet. Heureusement les jambes tournent encore bien et me voilà tout heureux lorsque, dévalant les derniers hectomètres de piste à grandes enjambées, un papy m’annonce « t’es dans les 30, jeune homme, bravo ».

Cela ne m’empêche pas d’arriver au ravito dans l’anonymat complet, à des heures lumières du passage de François d’Haene « un peu » plus tôt, ce qui me permettra au moins d’être bien concentré sur la gestion de ce temps de repos clé avant la nuit.

Changement de tee-shirt, nokage de pieds, changement de chaussettes, enfilage de collant. Insertion du dossard de Rémy dans le sac (gros gain de poids depuis le départ!), je refais le plein de mes barres favorites, dévore le sandwich amoureusement préparé par Manu et file semi-engloutir la platée de pâtes bolognaises généreusement offerte au restaurant du coin.

Il est 19h40, je repars quasi frais comme un gardon de la station, après 64km et 5300m de D+, avec 1h d’avance sur mon tableau de marche. Jusque là, c’est extra.

Le Pleynet > Gleyzin

6km de descente quasi continue pour reprendre. Sympa pour la digestion. Puis je me fais envelopper par la nuit dans la montée au chalet de la Grande Valloire. J’ai enfin compris comment marchait la frontale stoots. Ouf ! La plupart des pacers ont débuté au Pleynet, et c’est donc par couple de frontales que je reconnais mes poursuivants. Le mien attend impatiemment au Gleyzin, mais j’ai bon espoir qu’il m’accompagne ensuite jusqu’au bout – contrairement à une bonne partie des pacers à moitié prix qui s’arrêtent une fois le soleil levé.

Arrivée joyeuse au chalet de la Grande Valloire. Un grand feu de bois nous accueille et les bénévoles se mettent doux à l’intérieur à coups de pastis. Pour moi ça sera sobrement café + thé svp!

Je fais chemin commun sur toute la deuxième partie de la section avec un sympathique duo familier de Belledonne, qui semble grands pratiquants de ski de rando. Volonté d’économie de salive ou peur de la célébrité ? je ne leur ai pas parlé de skitour, ni de skirandomag 🙂

J’arrive au Gleyzin vers 23h30. Rémy est chaud comme une bouillotte alors que je ressemble plutôt à une bouillotte en fin de nuit. Shuei (?) nous fait notre book au passage, trop bien.

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Ravito de Gleyzin. Il a l’air fatigué votre ami…

Gleyzin > Périoule

La section toute noire du road book ! De la montée longue puis raide, et de la descente technique de nuit. Trop content d’avoir récupéré Rémy pour l’affronter !

Il part à une allure d’Usain Bolt – tout du moins comparativement à moi – et je le freine rapidement. « On va faire de la marche hein, et tu vas gérer l’itinéraire pour moi » ! A ce moment là il s’est possiblement senti un peu roulé 🙂

Montée toute en gestion donc – comprendre « au mieux avec les ressources du moment ». L’arrivée au refuge de l’Oule permet de faire une pause. Rémy me déconseille de dormir, ça devrait passer sans en principe. C’est lui l’expert, j’obéis.

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Un café assez inutile au refuge de l’Oule

On repart pour le col du Morétan, avec une étoile ou une frontale bien plus haut. Il paraît que le ciel est dément et qu’on y voit des étoiles filantes, mais j’ai du mal à regarder autre chose que les chaussures de Rémy !

Arrivé au col bien entamé, on nous annonce que le plus dur physiquement est derrière nous et qu’il n’y a plus qu’à avoir du mental. C’est peut être là le souci 😉

Descente kiffante de l’autre côté, seuls dans la nuit : ski sur névé dans un premier temps, puis descente avec corde sur moraine ultra raide ensuite. Ça permet de rester bien éveillé, et ça dénivelle efficace pour un effort limité ! Puis portion fantastique le long des lacs de Moretan puis le long du torrent du Veyton avec la lune qui se reflète dedans.

Arrivée à Périoule au milieu de la nuit. Fouettés par une soupe chinoise fort dosée en épices ! A la question « ça va ? » je réponds « on fait aller ».

Périoule > Super Collet

Objectif = lever de soleil = base vie de Super Collet. C’est ce que je me mets en tête en sortant du ravito, dans la nuit noire et avec les jambes lasses.

Section très clairement sans plaisir pour moi. Plus de jus, pas d’intérêt dans les sentiers – avec notamment une montée au refuge de la Pierre du Carré aussi ignoble que promise – et une malléole douloureuse sur ces p*t*** de chemins toujours déversants du même côté. J’annonce à Rémy, qui s’en était déjà bien rendu compte, « désolé, je me respecte plus », et maudit chaque aspérité du chemin. Et petit à petit germe en moi l’idée d’abandonner à Super Collet à la sortie de la nuit. Après tout mon objectif minimum sera atteint à ce moment là : faire 24h de course non stop avec un coucher et un lever de soleil, et les 100km tout juste atteints…

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Arrivée vers Super Collet. Un lever de soleil et au dodo?

Super Collet > Val pelouse

Puisque depuis la première ligne vous savez qu’il n’y a pas eu d’abandon, pas besoin de maintenir le suspens dans le nom de la section !

Cela dit, j’arrive donc à Super Collet avec le moral bien profond dans les chaussettes. Je vais voir la podologue en espérant qu’elle me diagnostique une maladie incurable au pied qui me contraindrait à arrêter. Mais au lieu de ça elle ne voit dans ma douleur à la malléole qu’une simple abrasion due à un caillou. « Bah vas-y, traite moi de chochotte pendant que tu y es ! »

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Ravito de Super Collet : dans le doute!

Ce diagnostic me fait prendre conscience que ce n’est pas les ressources physiques mais les ressources morales dans lesquelles il faut désormais puiser en priorité. Et Laure me rappelle que c’est pour tester mon mental que je me suis justement inscrit à cette épopée. Eureka ! Phase de remobilisation mentale, qui débute modestement avec un « bon, on repart pour 1h histoire d’avoir les premiers rayons du soleil, et on avise ensuite ». Cerise sur le gâteau, je change de chaussures et retrouve une foulée confortable, ce qui me faisait cruellement défaut depuis plusieurs heures. Chantilly sur la cerise : le second sandwich amoureusement préparé par Manu (pour les curieux : pain de mie, beurre de noix de cajou, moutarde, viande de grison : une tuerie).

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Allez hop, pas de chichi, on repart pour 12h d’effort!

1h plus tard nous voilà sur la crête des Plagnes, réchauffés et remotivés pour la journée !

Le rythme n’est toutefois pas folichon, et les jambes ne répondent qu’une fois sur deux lorsqu’il leur est demandé de gambader en descente… Et puis la lucidité n’est pas totale, avec par exemple cet échange ubuesque :

« – Rémy, c’est ton téléphone ou mon téléphone qui vibre ?

– C’est une vache mec

– … »

Heureusement cette section est remplie de souvenirs avec le passage au refuge de Claran, puis au pied des Grands Moulins (pensée émue à cette étape du Tour de France écoutée au sommet au milieu du brouillard avec Marco!) et enfin au refuge de la Perrière où nous attendent Laure, Adèle et Raph’. Ca remet de la mine dans le crayon ! A tel point que l’on finit cette portion gambadant tels de jeunes chamois jusqu’à Val Pelouse – enfin en tout cas c’est le sentiment qu’on en a eu.

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Refuge de la Perrière : frais et dispo!

Val pelouse > Le Pontet

Ca sent bon la fin ! Ou pas… Coup de bambou lorsque tous calculs faits il nous reste plus de 30km, au lieu des « 20 et des brouettes » envisagés. Du coup je me retrouve avec les jambes toutes faibles jusqu’au col de la Perche. On se fait doubler par pas mal de monde à ce moment là. Tout cela entame quelque peu le semblant de moral d’acier mis en place depuis le matin. En revanche les chemins jusqu’à l’arrivée seront bien plus roulants que ceux empruntés sur les 24 dernières heures, et je recommence à profiter pleinement des paysages, qui sont depuis le refuge des Férices vraiment superbes.

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Bim les chaussettes de foot!

Arrivés au sommet du Grand Chat j’annonce à Rémy que je me dors officiellement dessus. Ça tombe bien, lui aussi. Pour gagner quelques points de lucidité avec les grandes sections de descente qui nous attendent on se paie le luxe de non pas 7, mais 8min de micro-sieste ! Couplée avec du gel énergétique au café elle a un effet d’enfer, et l’on repart sautant comme des biches de racine en racine – ou presque.

En tout cas les 1150m de D- jusqu’au Pontet passent crème – même si le final pour atteindre le ravito est longuet – et je commence à vraiment concevoir le fait de boucler cette traversée !

Le Pontet > Aiguebelle

Caractéristiques de la section : 14km, 500m de D+ pour 1000m de D-. Comme ça, gentiment assis derrière son PC, on se dit que c’est vraiment une formalité. Sauf qu’en sortant du ravitaillement les 500m de D+ nous font un peu trembler !

Mais le rythme est bon et les chemins vraiment faciles. C’est rando, comme qui dirait. On arrive à faire tourner les jambes dans les descentes, et dès lors l’objectif consiste à rester concentrer jusqu’à la vallée pour ne pas se faire une cheville. « Désolé Rémy, je parle pas, mais c’est pour pas tout gâcher ».

Km 147, on est sur du bitume, c’est plat. C’est gagné. Grande émotion d’avoir parcouru tout ce chemin, et énorme émotion d’en avoir partagé une bonne partie avec Rémy qui, par son unique présence, m’a clairement permis de terminer. Après les applaudissements de la dernière ligne droite, un bisou tout aussi ému à Laure – qui a un peu sacrifié ses vacances pour me permettre d’être là – et un grand sonnage de cloche composé d’un délicieux mélange de fierté, de bonheur et de fatigue de toutes sortes.

A J+7 les jambes ont presque retrouvé leur fraîcheur, les pieds se sont dégonflés de leur rétention d’eau, les chevilles sont quasiment opérationnelles et la fatigue est presque passée. Mais on me dit encore que j’ai fondu et que j’ai une tête de déterré!

L’ultra, ça abîme ? Certainement. Est-ce que ça en vaut la peine ? Pour celui-là, absolument.

PS : pour toutes les stats sur la course, voir directement le suivi live ici. Je suis très satisfait de ma gestion de la première journée, un peu moins pour la deuxième durant laquelle le manque de « jus » – expliqué par la quasi absence de séances de courses à pieds sur les 2 derniers mois? – ne m’a pas permis d’espérer un top 30. Mais tout cela est très secondaire par rapport aux émotions vécues!

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Rémy : pacer et photographe de l’ombre. Encore un immense merci à toi !!!

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RIF 2018 – 3ème partie

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« Y’a plus qu’à »

Par la BimBimTeam, avec les commentaires de Maëlle, Rémy, Joseph, Etienne

Lien vers la 2ème partie.

… Arrivés à l’AT, l’orga nous apprend que l’heure limite de départ en kayak a été avancée à 15h. Il est 13h45, va pas falloir trainer !

SECTION G – Trek (+ cordes) / 3 km

Transition express, on enfile les baudriers pour un rappel qui nous amène dans un lit de rivière asséché. En sprint sur le fond de la rivière, sur-motivés, nous reprenons Absolu2, un peu moins rapide dans cette progression dans les gros rochers. Avec la mer en visu, nous savons comme eux que ça devrait le faire pour arriver à l’AT à temps.

SECTION H – Kayak de mer / 37km / 0 m D+ / 0 m D-

Arrivés 14h30, on est LAAAARGE et on a donc 30mn pour s’équiper. Et on les prendra, le temps d’un contrôle matos et d’un briefing sur les conditions de navigation et les passes à viser pour éviter les vagues déferlantes. Pas d’urgence particulière à gagner 5 minutes sur cette transition. La houle sera modérée, mais suffisante pour ambiancer la section. Les équipes suivantes (le lendemain) n’auront pas cette chance ! Car le vent ajouté à la houle aura entrainé un mal de mer chez de nombreuses personnes… Ce kayak est entrecoupé d’un CP à mi-chemin sur la côte, où nous devrons nous arrêter pour passer la nuit. Nous naviguons avec Absolu2 et les suisses. Sauf problème, les équipes n’ayant pas embarqué aujourd’hui ne reviendront pas sur nous. De la même façon, il sera difficile de rattraper les équipes de devant. C’est le jeu des darkzones ! Aucune raison, donc, de dépenser trop d’énergie dans ce premier tronçon au coucher du soleil, sauf de débarquer avant la nuit.

 

 

Nous profitons donc à 100% de ce moment (60% pour moi, qui ai tendance à piquer du nez++ ! Je préviens Joseph derrière moi “si tu vois que mon rythme baisse, c’est que je suis en train de m’endormir, crie-moi dessus !”), en jouant à aller chercher le surf dans ces belles vagues. On est en compagnie parfois de l’orga, dont Gilles sur le bateau, ou de journalistes qui nous accompagnent en bateau (voire en palme masque tuba et requins pour une photographe plongeuse !), on discute avec Absolu. Arrivés au CP à la tombé de la nuit, on peut maintenant apprécier quelque chose de peu commun en raid aventure : presque 10h d’immobilisation, la possibilité de prendre une douche, et la perspective d’un resto ! Poulet aux mille graines de vanilles au menu. On n’est plus habitué à manger de telles quantités alors on n’arrive pas à terminer… Un comble, alors qu’on pèse déjà plusieurs kilos de moins que notre poids normal. On profite de ce créneau pour ENFIN finir de lire les messages reçus, que c’est bon ! Merci !! Même Béatrice la bénévole de la food team nous a ajouté un message à la main, derrière tous vos messages. Sympa !

Joseph joue les banquiers pour les suisses, qui veulent prendre une chambre d’hôtel. La BimBim choisit de rester dans la course et de bivouaquer sur l’herbe douillette du CP avec Gilles L., pour 6h de sommeil d’une grande qualité (heu… t’exagère un peu là non ?;) Je valide la qualité grand luxe de la nuit !  Trop grande peut-être, car tous ratons notre réveil. Par miracle, ou par habitude, Rémy finit par ouvrir les yeux, et réveille toute l’équipe, et malgré le retard du réveil de 20 minutes, notre préparation est efficace. Les deux autres équipes nous rejoignent sur la plage, nous partirons tous à l’heure (5h du matin) pour ce deuxième tronçon de kayak, qui doit nous amener à Saint-Leu. Sortie au large ambiance pour passer la barre de Corail, mais au final tout se passe bien puis on retrouve notre rythme dans la houle. On apprendra plus tard que deux requins de 2 et 4 m auront été attrapés la nuit à la barrière de Corail… mais ça ne nous aura pas tracassés plus que ça !

Ça se tire un peu la bourre sur la mer. Abolsu2 part vite, les suisses sont réguliers mais plus rapides. Ces deux équipes tirent trop au large (et les Suisses oublient de contourner une bouée -> demi-tour !), ce qui nous permet de les rattraper et d’arriver groupés à la transition au pied du Maïdo, le dernier gros morceau de RIF 2018 !

Le kayak de mer était la dernière inconnue du raid (en tous cas pour moi), on est désormais en vélo, dans notre zone de confort, la ligne d’arrivée devient concrète, réelle, c’est un sentiment fort après 6 jours de course.

SECTION I – VTT / 77 km / 2 830 m D+ / 2 730 m D-

Sympa de terminer cette course dans ce groupe de 3 équipes. Absolu2 est plus efficace à la transition et part avec un peu d’avance. Nous suivons de près, les Suisses juste derrière nous. Ça grimpe fort et il fait chaud. Si les gourdes sont pleines, elles se vident aussi vite qu’on fond sous cette chaleur humide de début de journée. L’itinéraire nous conduit à dré dans le pentu, à travers les hauts de St-Leu. On se ravitaille en eau chez l’habitant. Jamais vu une montée aussi raide.“Avec ces pentes à 20%, heureusement qu’il y a pas de neige chez vous !”. Les Suisses se trompent de chemin et prennent un peu de retard. Alors qu’on raccroche et dépasse le train d’Absolu2, Etienne s’en va tête dans la carte jusqu’à l’intersection suivante. Maëlle et Joseph suivent. On s’arrête au début du chemin qui remonte à gauche de la route. Rémy ? Rémy ! Rémyyyy (à crier avec la voix aigüe de Maëlle) !!! On l’aperçoit filer à toute allure plus bas sur la route. On a beau siffler, hurler, il ne nous a pas vus ni entendus. Maëlle attend et temporise à l’intersection. Joseph et Etienne se lancent en descente à la poursuite de Rémy, sous l’oeil amusé de nos amis d’Absolu. Au bout de 2 virages en descente, je me doute bien que je fais fausse route, demi-tour…  Quelques centaines de mètres plus loin, on retrouve Rémy. Allez, chacun prend un peu sur lui pour éviter les tensions (sans objet en fait, on a perdu 5 minutes, mais à ce stade de la course on en a quand même tous un peu marre !), dans quelques minutes on préférera en rire qu’en pleurer (nos cuisses ne sont plus à ça près). Pour moi c’est surtout le soulagement, trop peur de devoir redescendre loin et de devoir tout remonter ce déniv qu’on avait déjà si durement grignoté – rappelons que cette montée pèse près de 2 500 m de déniv d’un bloc…  ! On retrouve Absolu un peu plus loin qui se trompe de chemin. Nos deux équipes restent ensuite soudées une bonne partie de la montée.

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Team Absolu2, compagnons d’aventure

On discute, c’est sympa et ça passe le temps plus rapidement car les routes sont bien monotones. Alors qu’on se rapproche de la couche nuageuse et de la pluie, chacun s’arrête à son tour pour s’habiller et manger. Les suisses en profitent pour passer devant, à bon rythme. On hésite sur une option d’itinéraire, laissant Absolu2 reprendre la 2nde place de notre groupe de 3. Vu la météo, on se décide pour l’option route. L’occasion de redoubler Absolu2 qui s’est arrêté pour une microsieste. On terminera seuls, les Suisses s’échappant devant, Absolu2 juste derrière.46318052_10155587937676353_1703517315313696768_o

Peu avant le sommet, on a quand même le droit de quitter enfin cette route pour basculer sur de la piste pour mon plus grand bonheur, on croise 3 traileurs qui sont en fait des membres des équipes “retired” FMR et Agde. Merci pour les encouragements ! On discute, on discute, oubliant qu’on est en course ! Dernier poussage puis portage, puis sommet ! Petite pause au CP sommital pour enfiler les gore-tex, savourer les quelques 2500m de D+ qu’on vient d’avaler et faire des photos dans le brouillard. Dommage, on reviendra pour la vue sur Mafate… (moi je reviendrai pour de vrai avec Jean-Luc, trois jours plus tard hihi). Les Bénévoles au sommet nous indiquent que les Suisses devant nous sont dans une forme impressionnante, que la descente est hyper engagée, et qu’il s’agit ici pour nous d’éviter la chute…

 

 

Pour la suite, le roadbook indique de suivre les chemins VTT. On ne va pas s’en priver ! On suit la piste noire, pas facile car le sol est détrempé. Après un beau chemin technique sur la crête, la piste s’enfonce en forêt. Ce rappellerait presque la DH de Dany Hart en 2011. Malheureusement, après 6 jours de course, on n’a pas le même flow que ce champion et les racines sont bien glissantes. Pour moi, enfin réveillée après cette interminable montée route ultra monotone et soporifique, l’intégralité de cette descente est l’un des meilleurs moments de ce raid : la forêt est splendide, ça glisse mais ça passe pas mal ! Une des plus belles descentes de VTT de ma vie sans aucun doute… Le sentier devient de plus en plus ludique au fur à mesure de la descente. La BimBim est revigorée, on profite, avec des pauses photos. On entend même quelques “wouhou !”. On ne le sait pas, mais à ce moment-là les Suisses ne sont pas si loin devant nous. Il ne reste plus qu’une bonne partie de liaison dans des zones plus urbaines et dans la Savane de St Paul. Mais ce n’est jamais fini… Les traceurs de l’orga se sont amusés à trouver un itinéraire un peu piégeux, surtout de nuit : on notera particulièrement un sentier miné de rochers cachés sous les herbes hautes, très difficile à la nuit tombante avec toute la fatigue qu’on a accumulée jusque là. Les guidons se font accrocher dans les branches, je chute lourdement sur un caillou, ma hanche s’en souvient encore 15 jours après. On retrouve même Etienne projeté 3 mètres devant son vélo, lui qui ne tombe jamais. Pour moi c’est la cata, les garçons sont devant, je n’arrive pas à les rattraper, j’ai l’impression d’être la seule à galérer et je craque dans ce sentier impraticable… Coup au moral, j’ai faim, et je n’arrive pas à faire 2m sur le vélo sans mettre pied à terre. Mais pourquoi les fins de sections sont-elles toujours aussi difficiles ? L’orientation se déroule sans trop de souci jusque-là, mais la vigilance baisse avec la nuit qui tombe et on perdra un peu de temps sur un aller-retour dans les propriétés privées agricoles juste avant la transition (bananes, mangues, vanille… miam !).

SECTION J – Trek (+ packraft) / 5 km / 0 m D+ / 100 m D-

Dernière transition ! On savoure. Enfin pas trop (si si, les abricots au sirop étaient carrément les bienvenus !), car on a bien envie d’en finir. On troque les vélos contre les packrafts. Un petit chemin nous amène en bas, le long de la ravine St Gilles. La balise est à la confluence, l’embarquement un peu plus loin. On s’installe au milieu des roseaux pour gonfler les bateaux et poursuivre en naviguant jusqu’à la marina de St Gilles. Quelques coups de pagaies plus loin, en slalomant entre les romantiques fleurs qui flottent, on rejoint la mer puis on retrouve Lolo des Gônes Raideurs qui nous accueille sur la plage. Sympa ! et ça sent bon l’arrivée ! Cette fois on y est ! plus que quelques hectomètres sur la plage, on entend la musique, on voit les lumières du village Corail. C’est l’émotion, on retrouve d’abord Jean-Luc qui nous accompagne jusqu’à la ligne d’arrivée. Une toute dernière épreuve nous attend au dernier virage : un bouchon de rhum arrangé fourni par Romu des 400 Team et des traileurs d’Agde que l’on avait croisés au Maïdo. Puis c’est champagne ! Pfiou. Trop d’émotions d’un coup…

La BimBim lé la ! la BimBim la fé !

 

 

Les Suisses sont là pour nous féliciter. La famille du RIF bien-sûr, Pascal, Béa de la food-team, l’équipe d’endorphinmag. D’autres coureurs aussi, quelques-uns croisés en courses, qui ont abandonné ou bataillé parmi les premiers. Tous nous font part de leur considération pour notre course. Difficile de réaliser pour nous. Le chemin était long, extrêmement difficile, mais finalement à la hauteur voire au delà des attentes qu’on en avait. Faut-il qu’on soit si fier de notre classement ? Pour moi il ne représente rien encore, peut-être cela viendra peut-être un jour. Les premiers sont arrivés il y a 2 jours quand même… on a de la marge 😉 Terminer ? ce résultat paraît logique au vu de la prudence et de l’humilité avec lesquelles on a abordé ce défi. Je suis fier de notre persévérance, de notre état d’esprit, de notre préparation et surtout du soutien de notre entourage pour ce projet de fou.

Tout pareil, une énorme satisfaction de voir tous ces mois de préparation se transformer en une semaine entre potes, à gérer notre course avec constance sans aucune tuile majeure. Mon RIF 2012 avait été vaguement gâché par 24h de problèmes gastriques, cette année rien de rien. Trop fier des mes 3 coéquipiers qui ne craquent jamais même dans des moments extrêmes. Toujours difficile de voir Etienne galérer le premier soir, mais on sait qu’il se remet, revient fort et porte ensuite l’équipe sans fléchir jusqu’à la fin du raid, sur tous les tableaux (orientation, endurance, motivation). Concernant le classement, quitte à être 16ème, j’aurais bien aimé finir 15ème 🙂 Mais rien que finir en full race est une grande réussite selon moi. De toutes façons aucune raison de se pavaner vu le temps qui nous sépare du haut du tableau !

Quelle aventure… A vivre, on sent que s’ancrent à vie des sensations, images qui reviendront nous visiter très souvent et pendant longtemps, instants uniques et magiques, qui feront pétiller nos yeux comme ceux de tous les raideurs qui nous ont raconté leurs propres aventures, les raids gauloises d’Yves, de Gilles… Raids gauloises qui me faisaient rêver depuis toute petite, à la lecture de récits de course dans canoë kayak magazine… Alors comment vous remercier vous mes 3 coéquipiers de choc ? Pour m’avoir soutenue, allégée, soulagée, tractée, aidée, pour avoir supporté mes instants de doute et de sale caractère dès que je dépassais mon seuil de faim et de fatigue ? Trop heureuse d’avoir pu partager ça avec vous… Et curieuse de savoir quelle sera notre prochaine aventure… ?? 

Et bien sûr, merci, merci à nos bénévoles à domicile, Lola, Marie, Madeleine, François, Chanchan, Robi, Leslie, et Nounou Catherine qui ont tous géré nos filles comme des champions, peut-être plus fatigant que la course, avec le soleil et les paysages en moins… Un paquet de transitions à gérer, et sur deux semaines en plus !

Merci… Merci à nos filles de nous laisser partir et de nous faire la fête au retour, quel bonheur… 

Merci à Jean Luc, soutien sur place en or, on t’embauche ! 

Et à Sam d’Ertips, Youann, aux Gones Raideurs, à Lola pour les encouragements et tout le matos prêté ! 

A nos deux suiveurs de chocs : Fabien et Matthias, vous avez trop géré la retransmission sur facebook !

Et tous ceux qui nous ont suivis, encouragés, vos messages sont un véritable fournisseur d’énergie !! 

A l’orga, aux bénévoles (si nombreux ! Mention spéciale à Gilles, Jean Michel et Béatrice que nous aurons beaucoup croisés), quel travail, quelle aventure…

Longue vie au RIF ! #messagepourPascal

Et aux Réunionnais, tous chaleureux ! Sans oublier le personnel du camping Ermitage Lagon. On reviendra…

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Fabien, en une de l’écran de la cérémonie

Petite pensée pour Fabien la masse, tu nous as manqué ! Et on aurait bien aimé te voir batailler sur ton VTT en descendant du Maïdo 🙂

Puis très vite, lessives, séchages, empaquetages, valises… Cérémonie de clôture du RIF…

Retour à la civilisation avec une journée d’attente entre l’aéroport et St Denis (mode ville fantôme avec le blocage des gilets jaunes) pour Etienne, Maëlle et Joseph (Rémy et Jean-Luc sont restés quelques jours sur l’île ; mais c’est une autre histoire), partagée avec l’équipe Intersport Lyon DSN74 Hoka, et Jean-Michel, moments bien sympas. Jean-Michel nous sauvera une fois de plus à Paris en gérant au top la logistique retour : notre retard d’avion nous ayant fait rater le train, on vous laisse imaginer ce que ça peut donner une petite dizaine d’équipes de 4 personnes avec chacune une caisse à vélo à recaser dans un TGV… Mais tout s’est très bien passé… Puis à Lyon, retrouvailles sur le quai avec les filles, Robi et Chanchan, youpi !

Et maintenant ?

D’abord repos

 

 

Puis ski, puis… on a forcément un petit coin de cerveau déjà motivé pour imaginer une suite, une nouvelle aventure… à partager….

Raid In France 2018 – Les tops et les flops !

Le 14 novembre, Maëlle, Etienne, Joseph et Rémy, AKA la Bim Bim Team Raid, bouclaient les 420km et 16000m de déniv du Raid in France à la Réunion.

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Voir le parcours ici pour ceux qui n’ont rien suivi sur Facebook : http://live.arworldseries.com/arwc18/

En attendant notre récit exhaustif qu’on est en train de peaufiner, on vous propose une petite mise en bouche avec les tops et les flops de notre périple !

 

Top 3 des meilleurs repas (on commence par le plus important) :

  • Les pâtisseries et sandwiches de la boulange de Cilaos.
  • Les samoussas de Bras Panon.
  • Lentilles / thon à l’huile, combinaison découverte bien trop tard dans le raid !
  • Le cari Ti’jacque boucané à l’Hermitage (comment ça ça fait 4 ?)

 

Top 3 des meilleurs trucs à grignoter en route :

  • Le nougat aptonia
  • Les gateaux apéro
  • Les dragibus

 

Top 5 des meilleurs instants :

  • Les paysages de la première journée dans Mafate, quand il faisait beau et qu’on y voyait quelque chose.
  • Le rappel de 80m en fil d’araignée dans la cathédrale au lever du jour.
  • Les premiers coups de pagaie dans la rivière du mât après 2 jours de trek intenses.
  • L’arrivée à l’embarcation du kayak de mer, à 14h45, dans les temps pour la porte horaire, après une journée entière de “sprint”.
  • La descente vélo du Maïdooooo !

 

Flop 3 des pires instants :

  • Perdre 5h à chercher la balise de la ravine Takamaka.
  • La nuit – le réveil ! – dans la plaines des sables avec un Joseph somnambule et un froid mordant.
  • les derniers tours de pédales dans les plantations, à jongler entre propriétés privées, chemins pénibles et envie d’en finir.

 

Top 3 des autochtones rencontrés :

  • Les gens sur la montée au CP9 qui nous ont offert eau et bananes.
  • Le paysan qui venait de couper son champ de canne, qui nous en offre un bout à sucer et qui porte le vélo de Maëlle.
  • Johnny-les-bons-tuyaux-et-les-sandwiches-au-beurre et ses indications sur le chemin côtier. 

 

Flop 4 du matos useless :

  • L’anti-moustique : au final on en a mis 2-3 fois puis on a fait l’impasse.
  • Les sachets “Bjorg” – une consommation moitié inférieure aux prévisions, Rémy et Jean-Luc en ont mangé tout le reste du séjour après le raid !
  • La chambre à air supplémentaire rachetée en dernière minute et toute la trousse de répa vélo : environ zéro tuile mécanique !
  • Les combis néoprène qu’on a porté tout le raid. Trop les vacances, on est resté en short tout le long.

 

Top 3 du matos usefull :

  • La crème nok anti-frottement. On s’en est très bien sorti au niveau de nos pieds 🙂
  • Les vêtements longs (au sens jambes longues = protection végétation et soleil…)
  • L’écope en packraft
  • Les bivy bag et le bothy ! légers & efficaces…

Sainté(très)Lyon

Flanqué de mon dossard 7084 et de ma doudoune la plus chaude, l’aventure commence quand je claque la porte de chez moi samedi 2 décembre à 20h pour aller prendre le train direction Saint-Etienne, l’estomac lourd d’une dernière plâtrée de pâtes avalée quelques instants plus tôt, et le foie léger de 6 jours d’abstinence alcoolique. La gare de Perrache s’est transformée en annexe du parc de la tête d’or, et plusieurs dizaines de coureurs s’y rassemblent avant de grimper dans le train. Une fois le train en route, j’assiste au « déballement de matos » de mes voisins, ravis de profiter des progrès de la technologie pour évacuer mieux la transpiration, équilibrer le pied, éclairer la nuit ou hydrater les tétons. Pris de panique, je vérifie machinalement mon matos. Il se sépare en quatre catégories  :

  1. Le mien, acheté pour l’occasion : néant
  2. Le mien, datant de quelques mois/années : Chaussures de trail, montre Décathlon, collant de ski, t-shirt à manches longues
  3. Offert par la SaintéLyon : bonnet, chaussettes, tour de cou
  4. Emprunté : frontale, short, t-shirt, coupe-vent, gants

Arrivés en gare de Saint-Etienne Chateaucreux, la moitié du boulot est fait, comme le dit justement Kévin, mon acolyte d’aventure. Reste plus qu’à revenir à Lyon…

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