27 Octobre 2013 : Championnat du monde de X-Terra

Après un gros entraînement et des phases de qualifications riches en rebondissements, notre poulain Ben s’attaque aux championnats du monde de X-Terra, rien que ça. Le X-Terra, c’est comme un triathlon, mais avec du trail et du VTT.

Et cette année, les championnats ont lieu à Hawai. Dur la vie de X-Terrer 🙂

Au final, une superbe 5ème place catégorie 25-29ans (59ème au général).

Ben à l'arrivée, content.

Ben à l’arrivée, content.

Compte-rendu de cette folle aventure à lire ci-dessous !

 

On part le 20 octobre, motivé. Mentalement, physiquement et « matériellement » prêt !

Arrivé le dimanche soir, on a une semaine devant nous pour se reposer, reconnaître le parcours, aller chercher les dossards, bronzer sur la plage, se baigner avec les tortues, etc. Bref c’est une période parfaite pour récupérer des 12h de décalage horaire et faire le plein d’énergie !

Les choses sérieuses commencent avec les reconnaissances : mercredi matin, reconnaissance de la course à pied et jeudi matin, reconnaissance du VTT.

On rencontre du monde sur le parcours, on fait des séances photos sur les beaux points de vue, il faut en profiter : on ne verra pas grand-chose pendant la course.

Le parcours s’annonce difficile : 30 km de VTT avec plus de 1000 m de D+ et 10 km de course à pied avec 300 m de D+. Le temps sera chaud avec un sol très sableux et poussiéreux. Bref, on pédale dans la semoule et il faut essayer de ne pas emmener trop petit pour ne pas trop déraper (facile à dire) !

Les derniers jours sont consacrés à la récupération, au repos et… Aux doutes sur les affaires à prendre : discussion avec Julie et Lucie Croissant : les filles : « tu prends tes boosters dans l’eau même sans la combi ? ». A moi de répondre douteux, c’est mon premier triathlon sans combinaison «Euh… Oui ! » « Ah bon ! T’as pas peur que ça te ralentisse avec les frottements ?? Ça glisse moins bien que la peau ! »

Au final je les prends (considérant que je ne « glisse » pas suffisamment dans l’eau avec les vagues ) mais elles non.

Un fait divers pour le moins stressant est annoncé l’avant-veille de la course : une attaque de requin a eu lieu à 20 km de la plage de Kapalua, lieu du départ. Aucun risque d’après les locaux… « Gloups ! Are you sure… Are you really sure ?? »

Le dimanche matin, le jour J est là, le soleil chauffe déjà, la tension est palpable. Bonne surprise, la mer est calme. Le parc à vélo se remplit dès 7h. Les discussions se font brèves laissant place à la concentration. On sent que c’est une course particulière : le saint-graal pour les coureurs pro. La course de l’année et l’aboutissement de nombreuses heures d’entraînements pour les amateurs venus des quatre coins du monde. Cette course, il faut la réussir !

9h, le départ pour les PRO est donné, 9h02, c’est au tour des hommes qui seront suivis 2 min plus tard par les femmes.

La natation n’étant pas mon point fort, je choisis de gérer en essayant de ne pas trop perdre de temps ni trop me fatiguer. Il y a encore de quoi faire pour rattraper. Pour le spectacle et le fun, on fait une sortie à l’australienne avec une petite course sur la plage au bout de 900 m de natation… Et c’est reparti dans l’eau pour les 600 derniers mètres. C’est bien, ça change le rythme !

A la sortie de l’eau, une féminine partie 2 minutes après, sort juste devant moi, elle porte une trifonction B-twin connue et n’a pas de booster ! Chapeau…

Je fais une transition rapide et pars fort dans la première montée sur la route pour rattraper le plus de monde avant que les chemins ne se rétrécissent.

Au bout de 5 minutes, on rentre dans les bois et c’est parti pour 28 km de singles. Les sensations sont là, je rattrape beaucoup de concurrents. On arrive quand même à doubler et se faufiler entre les branches. La montée s’ouvre ensuite sur une large piste, très raide : c’est du gâteau, j’aime grimper et là, aujourd’hui, ça roule !

La première descente se fait sur un grand chemin très rapide qui permet de doubler encore quelques personnes.

Le VTT, on kiffe !

Le VTT, on kiffe !

A la fin de la descente, frais et content de ma remontée, je décide de prendre des risques en continuant à pousser à fond mon effort sur le vélo, sans me soucier de la course à pied… « On verra bien après ! C’est jamais que 10 km ».

Les 8 derniers kilomètres sont beaucoup moins rapides. Ils sont très exigeants : la plus longue ligne droite doit faire environ 20 m, les relances sont incessantes et on est toujours dans le sable. Il faut rester très vigilant pour ne pas sortir du chemin et aller faire un câlin à Dame Nature… Plutôt piquante dans ce coin, je vous assure !

Ces 20 min sont très intenses et il est difficile de boire et manger. Je m’en rends compte 1 km avant la fin du vélo où on rejoint une route. J’en profite pour le faire plus tranquillement, en mangeant et buvant.

La forme est encore là en descendant du vélo, à côté de J. Slack, partie 2 min devant. Je fais une transition « cool » en continuant à me ravitailler.

Le départ de la course se passe bien…

Le collier de fleurs jaunes ? Un pari avec des amis !

Une compèt aux airs de vacances

Une compèt aux airs de vacances

Une bonne foulée pendant les 500 premiers mètres… Et puis c’est le début de la montée dans la forêt (à l’ombre des arbres me direz-vous… Que nenni, il y avait une clairière que l’on suivait pendant toute la montée, qui nous coupait du vent mais ne nous abritait pas du soleil). La chaleur est torride, je surchauffe et le ravitaillement qui se situe au 2° km semble encore très loin. D’autant plus que les repères de distance sont en miles (soit 1,61 km… Ils passent très lentement !) « 10 km ça risque d’être long finalement ! Allez c’est que 5,9 miles ! ». On se rassure comme on peut…

Mon objectif devient de limiter la casse car la route est encore longue et j’ai vraiment chaud ! Je m’arrose abondamment et boit à chaque ravitaillement. Tout le monde est plus ou moins dans le même état et je gagne même quelques places !

Le final sur la plage est superbe : l’océan avec ses vagues et ses couleurs turquoise d’un côté. De l’autre, les spectateurs impatients et anxieux de voir arriver leur idole d’un jour.

Fin de la plage, on tourne à gauche et on file vers l’arrivée. La ligne est en vue. Plus que quelques mètres. Personne devant. Personne derrière ? Non !

Ligne d'arrivée en vue !

Ligne d’arrivée en vue !

Je peux me relâcher et profiter des derniers hectomètres avec en ligne de mire le chrono qui défile et le collier de fleurs entre de bonnes mains.

L’effort et la chaleur ont été soutenus : la ligne d’arrivée franchit plusieurs personnes s’effondrent !

Je termine 59ème mondial, 26ème non pro et 5ème de ma catégorie (25-29 ans) avec un temps de 3h02’58’’, à 1’42’’ du podium catégorie. Je suis particulièrement content de ma partie VTT, en terminant 36ème et avec des très bonnes sensations. Un peu moins de ma course à pied qui est normalement mon point fort. La chaleur étant telle, je pense que ma tactique a été payante : même en me ménageant en VTT je ne pense pas que j’aurais pu être plus performant à pied.

A l’arrivée, on s’allonge dans l’herbe, on se repose, fatigué, sale (?) mais heureux ! Et on essaie d’ouvrir les yeux quand des photographes arrivent !

Des boissons de récupération telles que M***** milk nous sont proposées… Boisson « lactose free »… Et oui, M***** milk ne contient pas de lait !

Le coucher du soleil : tout le monde a droit à un repos bien mérité avant la remise des prix qui a lieu le dimanche soir.

Ce type d’épreuve très convivial et « nature » se fond parfaitement dans l’air du temps avec la recherche d’épreuves « offroad ». Ce n’est pas étonnant qu’il ait un succès croissant dans le monde entier.

Ce qui me fait aimer le Xterra et le triathlon en général ?

L’approche « nature », la difficulté d’une course et le dépassement de soi, les leçons de vie qu’on peut tirer de ce type d’épreuve… L’humilité qu’il faut savoir garder même dans les moments forts : une défaillance ou un triathlète plus fort sont si vites arrivés !

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