Vallées du Toubkal avalées à vélo

C’est bien connu, le mois de novembre ne sert à rien en France. Nous voici donc partis avec ChloChlo de l’autre côté de la Méditerranée pour un p’tit voyage à bicyclette (COP21 compatible) dans la campagne marocaine, avec l’objectif avoué de grimper tout au sommet du Maghreb (le Toubkal – 4267m), histoire de pas revenir bredouille.

Sans titre

Tous naïfs que nous sommes, nous partons donc avec en poche une carte pécho au Vieux Campeur, une boussole, quelques vues satellites imprimées en couleur et un smartphone. Aucun des quatre outils cités ci-dessus n’ayant émis d’avis contraire, nous avons en tête de réaliser un tour du Toubkal en une grosse semaine.

Jour 0 : Arrivée à Marrakech, sieste, thé à la menthe, souk, sieste, tajine, sieste, et place Jemaa El Fna. Programme de touriste validé. Vivement demain pour attaquer les choses sérieuses

Jour 1 – Recentrage des objectifs et départ

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En voiture Simone !

RDV le matin chez le loueur de vélo, qui nous propose de magnifiques VTT semi-rigides flambant neufs, de type 28 pouces, de couleur rouge, et de marque Cannondale. S’ensuit une petite discussion sur notre « programme » à la suite de laquelle le loueur nous fait gentiment comprendre qu’à moins d’être 2 champions nationaux de force basque (nous permettant d’avancer en tenant nos vélos à bout de bras au-dessus de nos têtes), nous aurions le plus grand mal à passer certains sentiers destinés aux mules. Il termine en nous donnant 2-3 tuyaux sur des chemins sympas, et nous voici partis à la mode locale : on sait pas trop où on va, mais on reviendra inch’allah !

Première étape de plaine en guise d’échauffement cap sud-ouest, dont le principal attrait sera le lac de Takerkoust, puis arrivée à Amizmiz à la tombée du jour.

Un petit bteau qu'on dirait qu'il a été mis là pour la photo

Un petit bateau qu’on dirait qu’il a été mis là exprès pour la photo

Jour 2 – Le jour des premières

On attaque de bon matin par une côte de 1ère catégorie vers Imi N’tala, et redescendons par un petit sentier qui slalome à travers les villages sur le versant opposé. La terre est rouge, l’air est sec, le sol peu adéquat au passage de voitures, et nos vélos attirent la curiosité des enfants, plus habitués au passage des mobylettes locales et des quads touristiques.

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Chloé, une fille qui sait choisir ses endroits pour crever…

De retour à Amizmiz, on prend direction le Nord-Est à travers une plaine aride. La terre y est ici jaune, la flore et la faune rares. Après une petite sieste à l’ombre d’un arbre, on arrive à Aguergour. Belle surprise en tombant sur un déco de parapente jouxtant notre humble demeure pour la nuit. Moins belle surprise en apprenant que 1h avant notre arrivée, 2 parapentistes se sont percutés en l’air et sauvés en ouvrant leur parachute de secours…

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Un « ptit » couscous, aussi quantitatif que qualitatif

Jour 3 : On veut de l’aventure, bordel !

Nous voilà repartis à destination de Imlil, le Chamonix local, non sans profiter une dernière fois de la vue imprenable depuis l’auberge

Ladite vue imprenable, prise quand même

Ladite vue imprenable, prise quand même

Etant donné que le meilleur moyen de savoir si un chemin mène quelque part (et a fortiori là où on veut aller) c’est de le prendre, on s’aventure dans tout ce qu’on trouve de chemins, sentiers, pistes carrossables ou non, et autres traces plus ou moins évidentes. Résultat des courses : beaucoup de bons choix, quelques demi-tours, et des paysages aussi surprenants que splendides…

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Piste de type très carrossable

Arriver à midi à Asni un jour de marché (et en repartir à 14h) n’est conseillé que si vous souhaitez faire une étude statistiques sur les véhicules utilisés dans le coin. C’est donc avec soulagement qu’on arrive à Imlil en milieu d’après midi. Au programme : location du matériel pour l’ascension (à pied !) du Toubkal : chaussures, batons et crampons.

Jour 4 : Et bah on est contents d’être là !

Une bonne photo vaut mieux que tous les discours...

Une bonne photo vaut mieux que tous les discours…

On arrive vers 13h au refuge intermédiaire après une montée humide et bouchée. On est contents d’y trouver un bon poêle à bois et une grosse plâtrée de pâtes, histoire de repartir le lendemain avec un mental au beau fixe

Jour 5 : Et bam, objectif atteint !

Un réveil surprenant

Un réveil surprenant

La tempête de la veille ayant amené quelques camions de neige, nous partons par beau temps, sur un terrain aussi glissant qu’une discussion politique en famille. Quelques dizaines de mètres plus haut, nous chaussons les crampons et poursuivons notre ascension tranquillement vers le Toubkal, que nous attendrons 3h après notre départ.

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le Toubkal : 4267m tout tranquillou…

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… mais tout ventu

 

 

 

 

 

 

A ce moment-là, on est quand même à 4267m d’altitude, avec des rafales de vent glacial à 80 km/h. Et pour rappel, on est au Maroc, en voyage à vélo, donc minimalistes dans nos choix de vêtements. Autant dire qu’on n’a vraiment pas chaud. Impossible de sortir les mains des gants, et pas du tout envie d’attendre les 3 mn qui nous séparent du prochain groupe arrivant au somment… Résultat, pas de belle photo à 2 au sommet !

Maxi-descente plaisir au pas de course jusqu’au refuge, puis on enchaîne jusqu’à Imlil, histoire de retrouver au plus vite nos vélos pour la suite du voyage !

Jour 6 : c’est long et dur… et on aime ça !

On quitte la région d’Imlil direction le nord-est pour poursuivre cette traversée.

La 1ère part de la journée de passe de manière idyllique. Les terres sont noires, parsemées de villages montagnards vivant en quasi-autarcie. On comprend pas tout, par exemple pourquoi des gamins de 4 ans sont seuls sur le bord de la route à 10h du mat’, à 3 km du premier village à la ronde. On commence aussi à comprendre des choses, par exemple pourquoi les gens passent leurs journées à attendre sur le bord de la route (ils attendent le premier véhicule motorisé, qui les amènera jusqu’au prochain village : un peu le blablacar local, quoi…). Bref, on en prend plein les mirettes…

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Tous les voyants sont au vert !

La 2ème partie de journée est tout aussi belle, mais la fatigue des premiers jours se fait ressentir. Si on ajoute à cela, avouons-le, une petite erreur d’aiguillage, la montée vers Sidi Faress nous paraît interminable…

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Dur Dur…

Une arrivée de nuit à Ourika à la frontale, un hôtel aux conditions hygiéniques douteuses, et la promesse d’une journée du lendemain encore plus longue et plus dure : voilà 3 bonnes raisons de se coucher tôt et de repartir aussi vite que possible

Jour 7 : c’est encore plus long et encore plus dur… et on commence à penser que c’est un peu trop !

On part de bonne heure pour une étape remplie de mystère (trajet hasardeux sur la carte). On se retrouve donc à traverser des paysages aussi surprenants que changeants : les terres sont successivement rouges, puis jaunes et noires, la végétation changeante au gré des altitudes et des expositions… le tout sur un relief sinueux et des sentiers étroits : dépaysement total garanti, pour ce qui restera une de nos étapes préférées.

A ce moment-là, on se dit qu'on est pas mal en vacances

A ce moment-là, on se dit qu’on est pas mal en vacances

Une nouvelle fois, nous arrivons à la tombée de la nuit. mais cette fois, aucune auberge à la ronde pour nous accueillir… Nous dormons donc chez Taoufik, qui nous accueille gentiment chez lui… enfin, chez ses parents ! Une petite maison traditionnelle berbère, un bon couscous et quelques discussions plus tard, on s’endort épuisés dans le salon de notre hôte.

Allez, bonne nuit !

Allez, bonne nuit !

Jour 8 : On dirait le Sud !

Comme on en a plein les guibolles, on met les vélos sur le toit d’une voiture pour passer le col Tizi N’Tichka, et nous voici à 07h00 sur le versant sud du col, côté Ouarzazate.

L'éphémère mais utile instant "flemme" du voyage

L’éphémère mais utile instant « flemme » du voyage

La différence est notable au bout de quelques kilomètres : le paysage est plus aride, la faune plus rare, le relief moins montagneux et la vie s’organise autour des fleuves et des oasis.

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Un genre de désert

Tout cela nous amène gentiment mais sûrement, grâce à un profil descendant (ce qui est loin d’être négligeable à ce moment-là du voyage) vers Aït-Benhaddou, haut lieu de tourisme local. N’ayant pas ouvert un guide de voyage depuis le début de l’aventure, la surprise est d’autant plus grande de découvrir un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ayant, qui plus est, servi au tournage d' »Astérix, mission Cléopâtre » !

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Aït Benhaddou : la belle surprise de la journée

Jour 9 : Snif, c’est la fin !

En ce dernier jour, on profite des derniers kilomètres qui nous séparent de Ouarzazate. L’arrivée est surprenante : nous traversons une immense ville déserte, dont les innombrables lampadaires guident de grandes avenues à perte de vue. Le contraste est saisissant avec Marrakech, ville bouillonnante aux mille activités. Ici, les riads semblent attendre désespérément les touristes… La basse saison, combinée à la grande prière du vendredi, semblent accentuer encore ce sentiment de vide, aux portes du désert.

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Grosse affluence sur la place principale

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Ouarzazate, une ville de tourisme et de cinéma… enfin, surtout de cinéma !

On met les vélos dans un bus, direction Essaouira et Sidi Kaouki, où l’on rejoindra Cherpa pour une semaine de farniente et de surf sur la côte.

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